Tout le monde en bave – Épisode 7 16 juillet 2007
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(ATTENTION : Ceci est ma nouvelle histoire de fiction. Toute ressemblance avec des personnes réelles est tout à fait fortuite… Le sujet est délicat. Si vous avez peur de vous reconnaître dans certains personnages controversés, ce n’est pas pour vous. Bref, si ça vous insulte de vous trouver des ressemblances avec des proxénètes, des vendeurs de drogue, des policiers et des travailleurs de prison véreux, des drogués sans espoir, des désespérés, des prostituées et leurs clients, NE LISEZ PAS. Sinon, amusez-vous bien à découvrir cet univers où tout le monde il est croche, tout le monde il est sale. Toutes ces conneries sortent tout droit de mon cerveau et de celui de Serge, nous n’avons fait aucun test sur les humains ou les animaux pour produire cette ”oeuvre”. S’il y a des invraisemblances, ce n’est pas de notre faute, Mindy n’était pas disponible pour nous guider dans la création.)
SEPTIÈME ÉPISODE – POUR QUI SONNE LE GLAS (PREMIÈRE PARTIE)
LECTRICE DE NOUVELLES – Une prostituée de rue d’origine ukrainienne, Nadia Vaklova, a été retrouvée évanouie sur la rue Ontario ce matin. Un individu d’origine proche orientale lui aurait sauvagement brisé le bras. La police n’a aucun indice si ce n’est que l’homme portait un chandail de l’équipe nationale italienne de soccer. Dans d’autres nouvelles, l’Italie a défait l’Ukraine 3 à 0 hier.
(Frank ferme la télévision.)
FRANK – Crisse qu’y sont poches, les Ukrainiens. Trois à zéro, prendre trois buts contre une équipe qui joue le 0-0 tout le temps, faut le faire.
BREWS – Ouin, moi, c’est plus la nouvelle avant qui m’inquiète.
FRANK – Quelle nouvelle ? L’affaire sur la grosse toutoune qui est restée prise dans un ascenseur et qu’ils ont dû sortir avec un hélicoptère de l’armée ?
BREWS – Ben non, calvaire, pas ça ! J’m’en sacre-tu d’la grosse, ciboire. J’voulais parler d’la pute qu’y ont trouvée avec le bras cassé. T’as pas peur qu’y ait un maniaque en ville ? Tsé, ça ressemble ben gros au modus operanda du « Arm Breaker », ça…
FRANK – Le modus quoi ?
BREWS – Operanda. J’ai lu ça l’aut’ jour, me souviens plus trop où. Ça veut dire la mode qu’y opère. Comment c’que l’gars fait ses mauvais coups, finalement.
FRANK – C’est d’l’espagnol ?
BREWS – J’trouve que ça ressemble plus à du portugais. Ils ont ben des mots qui finissent en –us en portugais, y m’ semble.
FRANK – Ça s’peut. Mais j’pensais qu’anus et plexus, c’était grec. Ça pourrait ben être portugais aussi, I guess, leurs femmes ont des moustaches des fois, fait que… va falloir que j’demande si jamais on engage une Portugaise à m’ment donné.
BREWS – Ouais, bonne idée, une fois rasée, on pourra la surnommer Paela.
FRANK – Ça pogne, la bouffe arabe de c’temps-là. Bonne idée de surnom, Brews.
(Quelques jours plus tard, Frank et Brews regardent l’Italie jouer au soccer contre l’Allemagne à la télé pendant qu’ils se préparent pour une autre dure soirée de gestion de l’agence.)
FRANK – Shoote, tabarnak ! Crisse, man, y en a-tu qui savent viser su’ c’te maudite équipe ? Y vont encore gagner, les mafioso !
BREWS – Bâtard, l’arbitre est plein d’marde, ça fait au moins trois penalties qu’y devrait siffler pour les Allemands.
CLAUDIA – Hu-hum…
FRANK – Qu’est-ce qu’y a, Claudia ? Tu vois pas qu’on est occupés ? Y reste deux minutes pis c’est 2-0 Italie, sacrement ! J’suis pas ben ben d’bonne humeur.
CLAUDIA – Ben, tu risques d’être encore plus en crisse dans deux minutes…
FRANK – Comment ça ? Qu’est-ce qu’il y a encore ? Tu veux pus avaler ? Tu veux que j’écrive sur le site que l’anal, ça marche pus ? C’est quoi, le problème ?
CLAUDIA – Ben…
FRANK – Envoye, parle. De quoi t’as peur ? Tu peux m’parler. J’vais t’écouter.
CLAUDIA – L’escorte, moi, je veux plus faire ça. J’arrête, Frank. C’est pas vrai qu’un malade va s’attaquer à moi. Y est plus question que je travaille icitte.
FRANK – Ah come on, Claudia, tu peux pas nous faire ça. T’es la plus grosse de l’agence, le monde appelle tout le temps pour toi. Crisse, t’es not’ ch’val de bataille, ma belle, not’ vache à lait. Sans toi, qu’est-ce qu’on f’rait ? J’veux pas perdre la Wayne Gretzky d’la prostitution. Tu l’sais qu’tu scores plus vite que ton ombre. T’es une force de la nature, t’es comme Mick Jagger.
CLAUDIA – J’suis pas sûre que j’comprends tout c’que tu m’dis, mais t’es ben fin, pareil, Frank. Ça fait longtemps qu’un gars m’avait pas dit des beaux compliments d’même. Me comparer à Wayne Gretzky, c’est gentil.
FRANK – Bon, tu vois qu’t’es capable quand tu veux. À quelle heure que j’peux commencer à t’booker à soir ?
CLAUDIA – Non, Frank, j’arrête pareil. C’est pas tes belles paroles qui vont m’faire changer d’idée. J’ai peur, tu comprends, y a un malade qui brise les bras des filles.
FRANK – T’es gauchère ou droitière ?
CLAUDIA – Droitière, mais c’est quoi l’rapport ?
FRANK – Ben, tant que l’gars brise seulement ton bras gauche, tu vas quand même pouvoir donner des hand jobs, alors arrête de t’plaindre.
(Brews éclate de rire à côté.)
CLAUDIA – Les gars, vous êtes pas drôles. J’ai pas envie de m’faire péter l’bras par un esti d’fou.
FRANK – R’garde, on va envoyer J-P avec toi. J’sais qu’y reste caché chez eux de c’temps-là parce que la police pense que c’est lui le malade – crisse qu’y sont caves, y cherchent un gars à son profil depuis 10 jours déjà, y pensent qu’y travaille en équipe avec l’Arabe. Juste pour toi, ma Claudia, J-P y va y aller t’protéger quand tu vas aller faire tes clients. Tu vas voir, ça va bien aller.
(Le téléphone sonne à ce moment.)
FRANK – Devil’s Daughters, this is Frank, who can you do for us?
IMHÉL MYURAS – Bonsoir, avez-vous une fille d’origine allemande dans votre gang ?
FRANK – Euh… eille, Claudia, t’as des origines allemandes, toi, non ?
CLAUDIA – Oui, pourquoi ?
FRANK – Pour rien. Oui, Monsieur, j’ai une Allemande. Ça vous tente ? Je l’envoie où ?
(Imhél Myuras donne les coordonnées de son hôtel. Trente minutes plus tard, Claudia se pointe à sa chambre. J-P attend, caché derrière une plante dans le couloir – il est recherché par la police, alors il reste prudent.)
IMHÉL – Salut, c’est toi, l’Allemande ?
CLAUDIA – Oui, ben, c’est Claudia mon nom. Et toi, c’est Imhél ?
IMHÉL – C’est ça.
CLAUDIA – En passant, t’es chanceux. D’habitude, j’couche pas avec les Arabes, mais là, j’ai accepté parce que t’as dit à mon boss que t’avais pas l’air de ben Laden. Fais qu’c’est correct.
IMHÉL – Merci, je sais qu’j’parais ben.
CLAUDIA – C’est pas ça qu’j’ai dit. J’ai dit que…
IMHÉL – Anyway… pas grave, envoye, toute nue, l’Allemande. J’suis prêt.
CLAUDIA – Ouais, pressé, l’ti-gars. T’es-tu tout l’temps d’même ? Ça risque d’aller vite not’affaire.
IMHÉL – Ben, tsé, à mon âge, on est pas mal vites su’ nos patins. Moi, la baise, j’connais ça.
CLAUDIA – Ouin… pas sûr. J’pense que t’as encore des croûtes à manger, l’jeune.
IMHÉL – Hé hé, come on, l’Allemande, qu’est-ce que tu connais à la baise ?
CLAUDIA – Euh… ben, veux-tu vraiment que j’réponde à ça ?
IMHÉL – (mal à l’aise tout d’un coup) Ben… là, franchement, comment j’pouvais d’viner, crisse ?
CLAUDIA – Pensais-tu qu’j’tais vierge, coudonc ? J’réussis à peine à m’rappeler que j’l’ai déjà été. (Elle éclate de rire)
IMHÉL – Bon, t’as-tu fini de rire de moi, l’Allemande ?
CLAUDIA – Susceptible en plus, le p’tit gars…
IMHÉL – J’suis pas p’tit, r’garde, la preuve (il lui montre son pénis).
CLAUDIA – (Incapable de retenir un fou rire) C’est avec ça qu’tu veux m’impressionner ? Eille, t’as l’air d’oublier qu’j’en vois d’tous les genres, mon pit’ !
IMHÉL – Bon, là, ça va faire, l’Allemande !
(Le jeune homme prend Claudia par les cheveux et se met à la baiser sauvagement en criant.)
IMHÉL – FORZA ITALIA ! FORZA AZZURRI !
CLAUDIA – Quoi ? Oh merde !
(Au moment où le jeune homme se met à crier, Claudia se rappelle la description de la brute qui avait brisé le bras de la prostituée ukrainienne : un homme d’origine proche orientale partisan de l’équipe italienne de soccer…)
CLAUDIA – Crisse ! C’est toi !
IMHÉL – Tu ris plus, hein, p’tite conne allemande ? Fais-toi-z-en pas, ça fera pas mal.
(Il la prend par le bras.)
CLAUDIA – Lâche-moi, maudit malade. AU SECOURS ! J-PPPPPPP !!!!!
(Claudia donne un coup de poing de sa main gauche au visage d’Imhél et tente de se départir de son emprise. J-P surgit du couloir et fonce vers Imhél, qui se sauve par la fenêtre en courant. Des voitures de police ont encerclé l’hôtel à la suite d’un appel anonyme d’un client qui avait vu J-P caché derrière la plante et qui avait reconnu l’homme recherché par la police.)
BIG GUILLAUME (en criant dans un mégaphone) – Rendez-vous, « Arm Breaker », vous êtes cerné.
LA MÈCHE – Il est peut-être américain, tu devrais l’interpeller en anglais.
BIG GUILLAUME – Ouais, t’as sans doute raison. Render yourself, Arm Breaker, you are cerned! We have entoured the hotel.
(C’est à ce moment que les policiers voient Imhél sortir d’un tas de buissons en courant.)
BIG GUILLAUME – Vite, tirez dessus ! Il va s’échapper ! You, stop coursing!
LA MÈCHE – Mais… il ne correspond pas du tout au portrait robot. Ça disait un homme blanc corpulent barbu.
BIG GUILLAUME – Merde, vous êtes con ou quoi ? Un Arabe qui se sauve en courant d’un hôtel louche, c’est évident que c’est un terroriste ! Et puis, rappelez-vous qu’il y a un deuxième gars qui a cassé des bras et celui-là, c’était un Arabe.
(Sans plus hésiter, les policiers tirent en direction d’Imhél qui lance ses sous-vêtements blancs dans les airs en signe de soumission.)
BIG GUILLAUME – Tirez ! Tirez ! Il essaie de nous lancer des armes de destruction massive, le pourri !
(Une balle atteint Imhél qui s’écroule par terre. Le silence se fait entendre – hé oui, ça se peut. Big Guillaume s’approche du jeune homme pour vérifier s’il est bien mort.)
(LA SUITE AU PROCHAIN ÉPISODE)
Ok, ok, je sais que c’est de la fiction, mais j’aurais aimé que le personnage de Big Guillaume soit moins poche en anglais. Et ma jouissance de lecture aurait été décuplée si tant est qu’il eût été moins con.
Che possiamo fare!
Mon cher Gros Guillaume, que Big Guillaume soit si idiot est tout à fait volontaire. C’est justement parce que tu es si brillant dans la vraie vie, je me suis dit que ton personnage pourrait être un nono pour rire.
(Une sorte d’hommage à l’envers.)
Ouin, Gros Guiliguili ! Prends exemple su moé que Brews est épa, pis que chu si tant culturé dans vra vie !!! Joke à part, si que j’serais toé, j’serais ben plus insulté qu’mon personnage soye en bons termes a’ec La Mèche !
Fauteaclo, ton Imhél est simplement génial—pis très beau jeu de mots, en plus ! Lâche pas !!!