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Tout le monde en bave – Épisode 9 2 août 2007

Posted by francois in tout le monde en bave.
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tlmeb.jpg(ATTENTION : Ceci est ma nouvelle histoire de fiction. Toute ressemblance avec des personnes réelles est tout à fait fortuite… Le sujet est délicat. Si vous avez peur de vous reconnaître dans certains personnages controversés, ce n’est pas pour vous. Bref, si ça vous insulte de vous trouver des ressemblances avec des proxénètes, des vendeurs de drogue, des policiers et des travailleurs de prison véreux, des drogués sans espoir, des désespérés, des prostituées et leurs clients, NE LISEZ PAS. Sinon, amusez-vous bien à découvrir cet univers où tout le monde il est croche, tout le monde il est sale. Toutes ces conneries sortent tout droit de mon cerveau et de celui de Serge, nous n’avons fait aucun test sur les humains ou les animaux pour produire cette ”oeuvre”. S’il y a des invraisemblances, ce n’est pas de notre faute, Mindy n’était pas disponible pour nous guider dans la création.)

NEUVIÈME ÉPISODE – FAIRE FACE À LA MUSIQUE

 

(L’épisode débute avec la reprise rock d’Hazy Shade of Winter par les Bangles – Time, time, time, see what’s become of me. Frank est à l’arrière d’une voiture de police, on entend des sirènes d’ambulance et la caméra suit le trajet entre le bureau qui servait aux opérations de Devil’s Daughters et le poste de police. Est-ce la fin de l’agence d’escortes de nos compères ? Brews a-t-il payé de sa vie pour cette aventure ?)

(Le lendemain matin, Mireille vient visiter Frank au pénitencier.)

FRANK – Ils ont tous dans leurs larmes quelque chose qui dérange, un signal d’alarme qui désarme et séduit même les anges. Ils ont tous dans les yeux ce que tu ne vois pas, qui n’appartient qu’à eux, qui n’appartient qu’à moi. Tous dans le cœur les bleus de la déprime, le noir du malheur qui invite au crime. Tous dans les mains du sang, des images pour offrir demain aux seins de passage. Tous dans les poings de belles promesses pour les putains qui les caressent. Tous dans leur vie le miroir de la mienne. De la haine et de la colère à perdre la raison. Tous une histoire cent fois racontée contre un verre à boire pour oublier.

MIREILLE – Tant qu’à citer Éric, tu pourrais choisir une meilleure chanson, me semble…

FRANK – Pas d’ma faute, j’trouvais qu’ça fittait, pis j’avais pas l’goût de m’forcer à t’sortir un d’mes monologues habituels. Y m’ont enlevé mes joints, fais que…

MIREILLE – Bon, écoute, qu’est-ce qui s’est passé ? Pourquoi t’as fait ça ?

FRANK – Je sais-tu, moi, crisse ! J’ai-tu l’air d’avoir le contrôle, de c’temps-là ? R’garde-moi, ‘sti, j’suis au pen, Mimi. Sais-tu qu’j’ai dormi collé-collé su’un gros bonhomme qui a l’air de Shrek pis qui rit même quand qu’y dort ?

MIREILLE – Ça devait pas être si pire que ça, il a l’air sympathique.

FRANK – Ouais, jusqu’à c’qu’il commence à s’promener tout nu dans la cellule p’tite comme une gosse.

MIREILLE – Euh…

FRANK – Mimi, faut que j’sorte d’icitte au plus crisse. Aide-moi, calvaire.

MIREILLE – J’sais pas trop c’que j’peux faire, Frank. J’ai parlé à ton avocat, Dennis, avant d’v’nir ici, pis ça r’garde mal, mon ami. En passant, t’aurais pas pu t’engager un avocat qui a l’air un peu moins agressif ? Dans son bureau, il a trois téléphones pétés dans un coin pis deux tableaux sont arrachés du mur. T’as pas peur qu’il donne une mauvaise image de toi au juge ?

FRANK – C’est pour intimider la Cour qu’j’ai engagé c’gars-là. J’me dis qu’y va leur faire peur. Mais qu’est-ce qu’y t’a dit à mon sujet ?

MIREILLE – Ben, en plus des charges de tentative de meurtre qui pourraient devenir meurtre au second degré…

FRANK – As-tu des nouvelles de Brews ? Es-tu allée à l’hôpital ?

MIREILLE – Je sais pas, Frank. Je sais juste qu’il était entre la vie et la mort hier soir. Y est pt’être mort drette là qu’on en parle.

FRANK – Sacrement, ça va mal en esti.

MIREILLE – Ouais, fais qu’t’as ces charges-là cont’ toi, Frank, mais t’as aussi avoir vécu des fruits de la prostitution, avoir prostitué des mineures, possession d’arme et de drogue, finalement, t’as juste l’esclavage pis crimes contre l’humanité qu’y-z-ont pas cont’ toi, pis c’t’à peu près toutte…

FRANK – Ciboire, crimes contre l’humanité, faut pas exagérer. J’ai quand même pas organisé un génocide.

MIREILLE – Non, mais tu sais comment est notre système de justice. Toi, un bon p’tit gars qui a mal viré, dans l’fond, tu pourrais en prendre pour 30 ans, mais le Rwandais qui est caché icitte pis qui a tué des centaines de Noirs, ça, ça passe, y vont l’laisser tranquille.

FRANK – Ouais, c’t’écoeurant comment qu’les Noirs ont des passe-droit avec la loi.

MIREILLE – Euh, non, c’est pas vraiment ça que j’voulais dire. Pas grave, laisse tomber. Écoute, j’vais y aller, j’ai pas encore fini de r’garder mon DVD d’Prison Break, y m’reste 2-3 épisodes. Faudrait que j’les r’garde avant d’aller travailler c’t’après-midi. On s’tient au courant, OK ?

FRANK – OK. Eille, Mimi…

MIREILLE – Quoi ?

FRANK – Merci d’être là. Ça fait du bien d’voir quelqu’un d’aut’ que l’gros Lans.

MIREILLE – Lans, c’est ton nouvel ami de cellule ?

FRANK – Ris pas, c’est vraiment pas drôle ! Mimi, sors-moi d’icitte, OK, fais n’importe quoi qu’t’as à faire.

MIREILLE – OK, ciao, à prochaine chicane, on se r’parle bientôt.

(Pendant ce temps, Kathleen est sortie de l’hôpital où on l’a traitée pour un choc post-traumatique. Elle rencontre Claudia dans un café. Cette dernière a redonné signe de vie après avoir vu les nouvelles de la fusillade. Elle n’a aucune idée de ce qui est arrivé à J-P le soir où on les a perdus de vue, elle s’était sauvée de son propre côté et était restée cachée depuis.)

CLAUDIA – Kathleen, s’il-te-plaît, dis-moi que Brews va bien.

KATHLEEN – Je sais pas, Claudia. Ils l’ont opéré d’urgence cette nuit. Je sais pas s’ils l’ont sauvé.

CLAUDIA – Crisse ! Faut que j’aille le voir absolument.

KATHLEEN – Pourquoi ? Tu tiens à ta job d’escorte à c’point-là ? Devil’s Daughters, c’est mort, Claudia. En tout cas, j’pense. La police a arrêté Frank. Il est dans ‘ marde jusqu’au trou.

CLAUDIA – Jusqu’au cou…

KATHLEEN – Euh, ah, oui, oups ! (rires)

CLAUDIA – J’peux-tu t’faire une confidence, Kathleen ?

KATHLEEN – Ben oui, tu sais qu’tu peux tout m’dire. Sauf les bouttes ‘gross’ de tes baises avec Big Boy, ça, ça m’tente pas de l’savoir.

CLAUDIA – Ben, ça concerne Brews pis mon chum Rick le motard.

KATHLEEN – Qu’est-ce qu’y a ?

CLAUDIA – Depuis quèk temps, j’vois Brews en secret pis on baise. Si Rick l’apprend, il va l’tuer.

KATHLEEN – Ben, c’est pu trop grave, c’est pt’êt’ déjà faite, ça !

CLAUDIA – Euh, ouin… mais faut qu’tu comprennes, Kathleen, y m’aime pis je l’aime.

KATHLEEN – T’aimes Brews ???

(Le refrain d’I Wanna Know What Love Is, de Foreigner, se fait entendre.)

CLAUDIA – Oui. C’est fucké, hein, c’est comme le syndrome de stuck-up.

KATHLEEN – De Stockholm.

CLAUDIA – Hein ?

KATHLEEN – Le syndrome de Stockholm, qu’on dit. Eille, c’est drôle, d’habitude, c’est moi qui m’mêle.

CLAUDIA – Ben oui, c’est comique, cette fois, c’tait moi.

(Le téléphone cellulaire de Claudia sonne.)

CLAUDIA – Oui, allo ?

SECRÉTAIRE – Bonjour, Madame, ici la secrétaire du docteur André Hammer. Nous avons reçu vos résultats de tests. Il faudrait que vous passiez à nos bureaux le plus rapidement possible.

CLAUDIA – Quoi ? Ben, comment ça ? Pourquoi ?

SECRÉTAIRE – Je n’peux pas vous l’dire au téléphone, Madame. Le docteur Hammer vous expliquera. Pouvez-vous passer cet après-midi ?

(La dernière scène de l’épisode montre Claudia dans le bureau du docteur Hammer. La chanson Poison d’Alice Cooper se fait entendre.)

CLAUDIA – Qu’y a-t-il, Docteur ? Pourquoi m’avoir fait v’nir d’urgence ?

DOCTEUR HAMMER – Madame, je n’aime jamais annoncer ça à quelqu’un. C’est toujours difficile, mais…

CLAUDIA – … Les tests sont positifs ? … (léger silence – sauf le refrain de la toune Poison.)

DOCTEUR HAMMER – J’ai le regret de vous annoncer que oui, Madame. Vous êtes séropositive.

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