jump to navigation

Tout le monde en bave – Épisode 12 3 septembre 2007

Posted by francois in tout le monde en bave.
trackback

tlmeb.jpg(ATTENTION : Ceci est ma nouvelle histoire de fiction. Toute ressemblance avec des personnes réelles est tout à fait fortuite… Le sujet est délicat. Si vous avez peur de vous reconnaître dans certains personnages controversés, ce n’est pas pour vous. Bref, si ça vous insulte de vous trouver des ressemblances avec des proxénètes, des vendeurs de drogue, des policiers et des travailleurs de prison véreux, des drogués sans espoir, des désespérés, des prostituées et leurs clients, NE LISEZ PAS. Sinon, amusez-vous bien à découvrir cet univers où tout le monde il est croche, tout le monde il est sale. Toutes ces conneries sortent tout droit de mon cerveau et de celui de Serge, nous n’avons fait aucun test sur les humains ou les animaux pour produire cette ”oeuvre”. S’il y a des invraisemblances, ce n’est pas de notre faute, Mindy n’était pas disponible pour nous guider dans la création.)

DOUZIÈME ÉPISODE (FINAL) – TOUTE BONNE CHOSE A UNE FIN

 

(L’épisode débute au son de Close My Eyes Forever, de Lita Ford et Ozzy Osbourne. M. McGill est seul dans son petit appartement et écrit sur une feuille de papier.)

M. McGILL – Je croyais que l’orage était passé. J’espérais que ce cercle vicieux, cet ouragan qui m’entoure et m’enferme avait enfin fait place à la lumière au bout du tunnel. Mais cette lumière n’était qu’un train fonçant directement vers moi. Happé par la vie, frappé de plein fouet, je ne peux me relever. Je ne m’en sens pas la force. Je suis si seul. Si perdu. J’ai si peur d’affronter le regard des gens, de faire face au jugement de la meute. Je n’en peux plus. Seul, j’ai vécu, seul, je partirai. J’ai cru que je pourrais vaincre la solitude en faisant appel à des professionnelles. Tout ce que ça m’a donné, c’est un plus grand sentiment de vide. C’est fini, maintenant. Je n’aurai plus jamais besoin de rien.

(M. McGill se lève et va chercher une carabine qui se trouvait dans un coffret sur le sofa de son salon. Lentement, mais avec assurance pour une des rares fois de sa vie, il dirige le canon vers sa bouche et tire sur la gachette. Il s’écroule par terre, mort sur le coup.)

(Alertés par des voisins qui avaient entendu un coup de feu, les policiers se présentent sur place. Le soir-même, Big Guillaume donne une conférence de presse.)

BIG GUILLAUME – Cet après-midi, nos policiers ont trouvé le corps d’un homme mort dans un appartement du centre-ville de Montréal. Selon les premiers résultats de notre enquête, il s’agirait d’un meurtre crapuleux commandité par l’agence d’escortes Devil’s Daughters.

UN JOURNALISTE – Ce sont de lourdes allégations. Pouvez-vous nous dire quelles sont vos preuves ?

BIG GUILLAUME – Nous avons trouvé un numéro de téléphone griffonné sur un bout de papier. C’était celui de l’agence Devil’s Daughters avant qu’elle ne soit démantelée il y a quelques semaines. De plus, la victime avait le site de l’agence dans ses signets d’ordinateur. Et, comme si tout cela n’était pas assez, le nom d’une des filles de l’agence était inscrit sur un autre bout de papier.

LE MÊME  JOURNALISTE – Le gars était un client de l’agence. Ça prouve quoi, en relation avec sa mort ?

BIG GUILLAUME – Sauf votre respect, M. le journaliste, c’est pour ça que je suis policier et que vous êtes seulement journaliste. Moi, le lien, je le vois. Il saute aux yeux. Que croyez-vous ? C’est clair que c’est soit le fugitif Frank qui a tué l’homme pour l’empêcher de parler ou que c’est Brews qui a fait tuer l’homme pour éviter qu’il devienne un témoin gênant.

LE MÊME JOURNALISTE – Bien, c’est parce qu’il y a une faille dans votre logique.

BIG GUILLAUME – Franchement… laquelle ?

LE JOURNALISTE – Si ce que vous dites est vrai, et permettez-moi d’en douter, il faudrait que les deux proxénètes tuent TOUS leurs clients, sans exception…

BIG GUILLAUME – Euh… vous croyez vraiment ?

LE JOURNALISTE – Bien. S’ils en tuent un parce qu’ils ont peur qu’il parle, ils vont le faire avec tous les autres.

BIG GUILLAUME – Euh… vous m’excuserez, je dois y aller. J’ai des choses à faire. La conférence de presse est terminée.

(Big Guillaume quitte la salle en regardant nerveusement autour de lui.)

(Le lendemain, Claudia visite Brews à la prison. Le proxénète doit prendre un avion dans les 24 heures pour Guantanamo, une place s’étant libérée à la suite de la mort d’un taliban. Les gouvernements canadien et américain se sont entendu pour garder l’expulsion de Brews secrète – puisque illégale. En échange de ce service – les Américains permettent aux Canadiens de se débarrasser d’un malfrat –, le gouvernement canadien a accepté d’envoyer des soldats d’origine amérindienne en Irak – ce faisant, les conservateurs font le pari que la population sera moins choquée de la mort de personnes non blanches.)

CLAUDIA – Mon p’tit chéri, ils peuvent pas t’emmener comme ça, c’est terrible. Y ont pas le droit !

BREWS – Mon avocat a tout essayé, mon amour, ma belle Claudia.

CLAUDIA – Fais comme Frank et évade-toi. Je vas t’aider.

BREWS – Non, malheureusement, avec toi, ça marchera pas, Claudia.

CLAUDIA – Pourquoi ?

BREWS – Euh… écoute, c’est dur à expliquer. Mais crois-moi. Le truc du strip-tease, ça fonctionnera pas avec toi.

CLAUDIA – Mais on va faire quoi, d’abord ? On peut pas laisser faire ça.

BREWS – T’as toujours des guns chez vous ?

CLAUDIA – Oui.

BREWS – Quand tu m’disais qu’t’étais prête à tuer pour moi, c’était vrai ? Parce que ça va peut-être être l’temps de me l’prouver.

CLAUDIA – J’comprends c’que tu veux dire. Écoute, c’est quoi, l’plan ?

BREWS – J’veux que tu t’ramasses une couple de tes clients les plus fidèles et que vous attaquiez le camion où j’vas être au moment où on arrive sur l’pont demain matin à l’heure de pointe. Ça va créer un chaos et on va pouvoir se sauver.

CLAUDIA – OK, bonne idée.

(Pendant ce temps, Frank, nouvellement sorti de prison, tente par tous les moyens de relancer son agence. Il appelle chaque fille l’une après l’autre.)

TANIA – Frank, tu l’sais que j’peux pas. J’ai la protection d’la Jeunesse qui m’check, pis en plus, toi, t’es un fugitif. T’es recherché partout. Si j’suis vue avec toi, j’vas faire d’la prison, c’est sûr.

SAMELY – Frank, j’suis rendue indépendante astheure. J’fais plus de cash de même. J’m’excuse, mais j’veux pas revenir.

KATHLEEN – R’garde, Frank, j’suis déjà pas mal dans ‘marde à cause du suicide de M. McGill. Pis j’me sens mal pour le gars. Pauv’ p’tit. J’veux plus faire ça, j’m’en veux d’avoir fait l’escorte. Check tout c’qui est arrivé.

MELISSA – J’peux pas, Frank. Pendant qu’t’étais en prison, j’me suis faite un chum, pis y veut pas que j’vois d’aut’ gars. Fais qu’j’ai pas l’choix. J’m’excuse.

(Après avoir parlé avec toutes les filles, Frank n’a pas réussi à en convaincre une seule de rembarquer dans son agence. Il est désespéré. Il part dans une ballade en voiture pour réfléchir. La chanson No Easy Way Out, de Robert Tepper – un succès tiré de Rocky IV –, se met à jouer. We’re not indestructible, Baby better get that straight. I think it’s unbelieveable, How you give into the hands of fate. Some things are worth fighting for,
some feelings never die. I’m not asking for another chance, I just wanna know why
.)

FRANK – Que vais-je faire sans toi, Adrienne, euh… mais qu’est-ce que je raconte… que vais-je faire sans mes filles ? Sans tout ce qui me rend vivant ? Sans ma raison d’être ? Maman, es-tu là ? M’entends-tu ? Tu m’as toujours fait du mal, mais ce soir, juste ce soir, peux-tu m’aider ? Je veux comprendre. Qui suis-je ? Où est-ce que je me suis trompé dans la vie ? J’vas faire quoi si j’peux pas pimper des filles ? J’sais rien faire d’autre, maman. Excuse-moi, je n’veux pas t’embêter. Je sais que tu es bien, dans ton Ciel. Maman, est-ce que tu m’as au moins aimé ?

(Le lendemain matin, Brews est dans un camion qui l’emmène en direction de l’aéroport. Au moment de passer le pont, le camion s’arrête brusquement.)

LE CHAUFFEUR – Crisse, y a un malade sur le top du pont. Toute la circulation est bloquée.

BREWS – Quoi ? Mais… et Claudia, elle est où ?

LE CHAUFFEUR – Qui ? De quoi tu parles ?

BREWS – Euh… rien. Laisse tomber.

(Brews regarde par la fenêtre pour voir ce qui se passe.)

BREWS – Eille ! Câlisse ! C’est Frank en haut-là ! Le tabarnak, c’est lui qui m’a tiré. C’est de sa faute que j’peux pus bander.

LE CHAUFFEUR – Il a une pancarte. On dirait qu’il veut de quoi.

BREWS – J’m’en câlisse c’qu’y veut. Envoyez un sniper pour le tirer, l’esti.

LE CHAUFFEUR – Calme-toi, l’détenu. Sinon, on va t’droguer pour qu’tu t’fermes la gueule.

(À ce moment, Claudia surgit de nulle part avec Big Boy, Whippet et J-P, que beaucoup croyaient mort, mais qui était seulement parti aux Etats-Unis tourner un film porno.)

CLAUDIA – Haut les mains, sortez tous du véhicule.

(Malheureusement pour Claudia et ses complices, des centaines de policiers se trouvent sur les lieux en raison de la présence de Frank sur le haut du pont. Les trois criminels se font cribler de balles en moins de temps qu’il n’en faut pour dire ‘Ouch’.)

BREWS – Claudia !!! Nooooonnn !!! La mère de mon futur enfant !

(La jeune femme s’écroule à deux pas du camion de Brews qui assiste impuissant à la scène.)

BREWS – Tabarnak ! C’est la faute à Frank ! S’il avait pas été là, le cave, j’s’rais libre à l’heure actuelle.

(Quelques minutes plus tard, la police se met à négocier avec Frank.)

BIG GUILLAUME (qui parle nerveusement à travers un mégaphone) – Frank, descends de là, qu’est-ce que tu veux ?

FRANK (qui crie en bas) – Lis mon panneau, crétin !

BIG GUILLAUME – Ja…mais sans… mes… filles. J’catche pas…

FRANK – Je r’veux mes filles. J’peux pas vivre sans elles. On m’les a enlevées en faisant d’moi un criminel.

(La scène est montrée en direct à la télévision.)

UN PÈRE FRUSTRÉ QUI REGARDE LA TÉLÉ EN BUVANT SA BIÈRE – Y est cool, lui, je l’aime ben. Y m’fait penser à mes chums.

(On revient sur les lieux.)

BIG GUILLAUME – Frank, tu l’sais qu’on peut pas t’laisser t’en sortir comme ça. Tu t’es évadé d’prison, t’as poussé des mineures à la prostitution, pis t’as essayé d’tuer Brews. Pis en plus, t’as peut-être tué M. McGill, ça, j’enquête là-dessus.

FRANK – M. McGill ? C’était un des meilleurs clients d’Kathleen. Y est mort ?

BIG GUILLAUME – Fais pas à semblant d’pas savoir. Bon, arrête de niaiser pis descends. Sinon, c’est moi qui monte.

FRANK – Pour vrai ? Crisse, viens t’en, j’veux voir ça.

BIG GUILLAUME – Euh… ben… c’tait une façon d’parler. Envoye, descends, l’cave.

FRANK – Non, c’est fini pour moi, Big Guillaume. C’est mes filles ou c’est moi.

BIG GUILLAUME – On peut pas t’laisser faire ça, Frank. Tu l’sais. Si on t’fait pas re-rentrer en prison pis qu’on t’laisse redevenir un pimp, quel message qu’on envoie aux jeunes de ce monde ? As-tu pensé aux jeunes ?

FRANK – Crisse, tu t’écoutes-tu parler ? On dirait Mère Teresa. Monsieur foot fetish me fait la morale ! C’est fort quand même.

BIG GUILLAUME – Foot fetish…. Euh… De quoi tu parles ?

FRANK – C’est ça, fais semblant devant les caméras. Moi, j’ai pas peur de dire c’que j’suis. Un sale. Un pourri. Une loque. Ta société d’politically correct, Big Guillaume, je l’envoie chier, big time, à part ça. Je r’fuse de vivre comme ça. On est tous dans l’même bain, mon gars. Si tu savais c’que j’ai vu pendant qu’j’étais pimp, t’aurais peur, tu capoterais. On vit dans une société pourrie où tout l’monde s’crée un ‘front’ pour faire à croire aux autres qu’ils n’ont rien à se r’procher. Ben, moi, ça, j’suis pus capable. Je baisse le voile et voilà c’qui s’y trouve. C’est laid, c’est mesquin, c’est désagréable, mais c’est vrai. Finie l’hypocrisie.

BIG GUILLAUME – Frank, j’vas pas l’dire cent fois, descends.

FRANK – Sinon quoi ?

BIG GUILLAUME – Ben, tu vas quand même pas passer la journée à bloquer l’trafic, non ?

FRANK – Non, ça va finir dans pas longtemps.

BIG GUILLAUME – C’est bien, tu vas descendre, donc ?

FRANK – Oui…

BIG GUILLAUME – Good, OK, eille, mais… Crisse !!!!!

(Après s’être donné un tout petit élan, Frank plonge dans le vide devant des centaines de témoins. Son vol plané semble éternel. La série se termine au son de Carmina Burana…)

FIN (Ne manquez pas, sous peu, le fichier PDF avec  plein de petits extras en boni !)

Commentaires»

1. Chipounet - 1 novembre 2007

Hey, le Molière des pauvres ! Yé long en esti, ton “sous peu” ! Ça va faire deux mois, viarge ! J’peux comprendre que ton soudain intérêt pour une tierce langue occupe une bonne partie de ton temps, mais y’a des limites. Aweille, a’ec tes estras !!!

2. Mike, un avocat de montreal - 24 février 2008

ça fait un petit bout de temps que je visite ton site, mais c’est la première fois que je laisse un commentaire. Juste pour te dire Bravo ! et continue ton beau travail!