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On ne joue pas avec la langue 22 janvier 2008

Posted by francois in vie sociale.
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caleche.jpgLa controverse entourant la langue d’accueil dans les commerces du centre-ville montréalais a provoqué plusieurs questionnements fondamentaux au fin creux de ma cervelle. C’est bien beau se faire servir en français par une grosse anglaise laide bilingue quand on va acheter un muffin au café du coin, mais que se passe-t-il là où ça compte vraiment ? Il y a certaines situations où la qualité de la langue est primordiale et aucune statistique n’existe à ce sujet. J’ai donc décidé de faire enquête moi-même, à mes risques et périls.

C’est ainsi qu’au cours des deux dernières semaines, j’ai rencontré 25 escortes montréalaises et visité 10 clubs de danseuses nues pour m’assurer personnellement de la qualité du service et de la langue des travailleuses les plus sous-estimées de toute la ville (qui travaille le plus fort, selon vous : un col bleu ou une danseuse/escorte ? Poser la question, c’est y répondre).

Cette étude approfondie m’a complètement vidé, mais j’étais prêt à faire face, comme un soldat au garde-à-vous.  Tout d’abord, je dois préciser que, compte tenu de la taille restreinte de mon… échantillon, mes données ne pourront être considérées que complètes et tout à fait fiables d’ici un an ou deux (le temps que je fasse le tour complet de la situation, avec l’aide financière – espérons-le – du gouvernement).

Du point de vue de la méthodologie, c’était assez simple. J’appelais une agence d’escortes et je choisissais n’importe quelle fille au hasard – grâce à un logiciel de simulation de choix d’escorte, le ”JohnX-Simulator”. Je recevais la jeune femme – ou plutôt, elle me recevait, moi… – et j’analysais ses forces du point de vue du service et de la langue. Si la jeune femme en question ne me frenchait pas en français, je tentais de lui imposer ma langue de force dans sa bouche et j’analysais le résultat. Si je continuais à recevoir un service en anglais,  je tentais d’inculquer des notions de langue à la jeune femme en passant par d’autres orifices. Lorsque j’avais essayé tous les orifices possibles, si la jeune femme persistait à parler anglais, je la considérais tout simplement bouchée.

Mes visites dans les bars ne se sont pas déroulées de la même façon, quoique plusieurs mini-enquêtes ont eu des points communs avec mon analyse du milieu des escortes. Dans chaque club, j’ai comptabilisé le nombre de bières au nom québécois, le nombre de chansons francophones jouées et j’ai tiré la pipe aux danseuses unilingues anglophones, à la grande jouissance des danseuses francophones.

Les résultats sont les suivants : la plupart des escortes et des danseuses nues portent des faux noms à consonance anglophone, mais plus de 90% d’entre elles parlent le français. Des 10% qui restent, aucune femme n’a pu parler le français malgré les essais répétés d’imposition de la langue. Il y a donc du travail de sensibilisation à faire. Il semble clair que les travailleuses du sexe anglophones ont de sérieuses lacunes du point de vue de la langue.

Même si le service des demoiselles est habituellement effectué en français lorsque demandé, il faut noter que ce sont les messieurs les entourant qui font mal à la langue française. Ils répondent au téléphone en anglais, ils accueillent au club en anglais et ils semblent incapables d’épeler ”bonjour” en français.

De la même façon, toute la phase ”bar” des clubs de danseuses (je parle de la bière et de la musique) se passe dans la langue de Shakespeare. Les bières s’appelent Molson, Labatt, Budweiser et les haut-parleurs crachent du 50-Cent (une faute d’orthographe, en plus) et du Beyoncé. Il faut cependant accorder une bonne note pour le respect de la diversité québécoise dans le choix des employées offrant le service.

Je n’en suis pour l’instant qu’au tout début de cette étude, mais les résultats actuels laissent présager un portrait sombre et inquiétant de la situation prévalant dans le milieu du travail du sexe. L’anglais s’incruste lentement mais insidieusement jusque dans les plus profondes des bouches. Et, si rien n’est fait, il risque de se répandre de plus en plus, à un rythme plus alarmant que la syphilis.

Si vous croyez en l’importance de cette cause, n’hésitez pas à écrire à votre député. Il essaiera de vous faire croire qu’il n’est pas au courant, il jouera à l’autruche comme Jean Charest le fait actuellement par rapport aux commerces,  mais vous devinez bien  que ces messieurs politiciens savent très bien de quoi il en retourne : ils sont les plus grands clients de ces jeunes femmes !

(En passant, merci à Chipounet pour l’inspiration pour cet article !) 

Commentaires»

1. Chipounet - 22 août 2008

Rien à dire; j’voulais juste souligner le fait que ça fait six mois aujourd’hui que t’as rien écrit. Lâche pas!

2. Chipounet - 22 août 2008

Ah, pis tant qu’à faire, aussi ben effectuer une p’tite mise à jour: il me reste 226 dodos.