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On ne joue pas avec la langue 22 janvier 2008

Posted by francois in vie sociale.
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caleche.jpgLa controverse entourant la langue d’accueil dans les commerces du centre-ville montréalais a provoqué plusieurs questionnements fondamentaux au fin creux de ma cervelle. C’est bien beau se faire servir en français par une grosse anglaise laide bilingue quand on va acheter un muffin au café du coin, mais que se passe-t-il là où ça compte vraiment ? Il y a certaines situations où la qualité de la langue est primordiale et aucune statistique n’existe à ce sujet. J’ai donc décidé de faire enquête moi-même, à mes risques et périls.

C’est ainsi qu’au cours des deux dernières semaines, j’ai rencontré 25 escortes montréalaises et visité 10 clubs de danseuses nues pour m’assurer personnellement de la qualité du service et de la langue des travailleuses les plus sous-estimées de toute la ville (qui travaille le plus fort, selon vous : un col bleu ou une danseuse/escorte ? Poser la question, c’est y répondre).

Cette étude approfondie m’a complètement vidé, mais j’étais prêt à faire face, comme un soldat au garde-à-vous.  Tout d’abord, je dois préciser que, compte tenu de la taille restreinte de mon… échantillon, mes données ne pourront être considérées que complètes et tout à fait fiables d’ici un an ou deux (le temps que je fasse le tour complet de la situation, avec l’aide financière – espérons-le – du gouvernement).

Du point de vue de la méthodologie, c’était assez simple. J’appelais une agence d’escortes et je choisissais n’importe quelle fille au hasard – grâce à un logiciel de simulation de choix d’escorte, le  »JohnX-Simulator ». Je recevais la jeune femme – ou plutôt, elle me recevait, moi… – et j’analysais ses forces du point de vue du service et de la langue. Si la jeune femme en question ne me frenchait pas en français, je tentais de lui imposer ma langue de force dans sa bouche et j’analysais le résultat. Si je continuais à recevoir un service en anglais,  je tentais d’inculquer des notions de langue à la jeune femme en passant par d’autres orifices. Lorsque j’avais essayé tous les orifices possibles, si la jeune femme persistait à parler anglais, je la considérais tout simplement bouchée.

Mes visites dans les bars ne se sont pas déroulées de la même façon, quoique plusieurs mini-enquêtes ont eu des points communs avec mon analyse du milieu des escortes. Dans chaque club, j’ai comptabilisé le nombre de bières au nom québécois, le nombre de chansons francophones jouées et j’ai tiré la pipe aux danseuses unilingues anglophones, à la grande jouissance des danseuses francophones.

Les résultats sont les suivants : la plupart des escortes et des danseuses nues portent des faux noms à consonance anglophone, mais plus de 90% d’entre elles parlent le français. Des 10% qui restent, aucune femme n’a pu parler le français malgré les essais répétés d’imposition de la langue. Il y a donc du travail de sensibilisation à faire. Il semble clair que les travailleuses du sexe anglophones ont de sérieuses lacunes du point de vue de la langue.

Même si le service des demoiselles est habituellement effectué en français lorsque demandé, il faut noter que ce sont les messieurs les entourant qui font mal à la langue française. Ils répondent au téléphone en anglais, ils accueillent au club en anglais et ils semblent incapables d’épeler  »bonjour » en français.

De la même façon, toute la phase  »bar » des clubs de danseuses (je parle de la bière et de la musique) se passe dans la langue de Shakespeare. Les bières s’appelent Molson, Labatt, Budweiser et les haut-parleurs crachent du 50-Cent (une faute d’orthographe, en plus) et du Beyoncé. Il faut cependant accorder une bonne note pour le respect de la diversité québécoise dans le choix des employées offrant le service.

Je n’en suis pour l’instant qu’au tout début de cette étude, mais les résultats actuels laissent présager un portrait sombre et inquiétant de la situation prévalant dans le milieu du travail du sexe. L’anglais s’incruste lentement mais insidieusement jusque dans les plus profondes des bouches. Et, si rien n’est fait, il risque de se répandre de plus en plus, à un rythme plus alarmant que la syphilis.

Si vous croyez en l’importance de cette cause, n’hésitez pas à écrire à votre député. Il essaiera de vous faire croire qu’il n’est pas au courant, il jouera à l’autruche comme Jean Charest le fait actuellement par rapport aux commerces,  mais vous devinez bien  que ces messieurs politiciens savent très bien de quoi il en retourne : ils sont les plus grands clients de ces jeunes femmes !

(En passant, merci à Chipounet pour l’inspiration pour cet article !) 

J’ai été un très mauvais garçon… 2 janvier 2008

Posted by francois in vie sociale.
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xmasbabe.jpgUne nouvelle année qui commence. C’est le temps de regarder mes résolutions de l’an dernier. Voici celles que j’ai tenues et celles que j’ai bafouées :

  1. avancer le plus possible l’écriture de ce livre qui me démange depuis des années – BAFOUÉE (CÂLISSE DE PROCRASTINATION)
  2. arrêter de boire sur la job – AMÉLIORATION !
  3. arrêter de dormir sur la job – TENUE !
  4. télécharger moins de pornographie fétichiste S&M (mon disque dur manque d’espace et je suis tanné d’acheter autant de DVD vierges) – SELON VOUS ? LOL!
  5. lâcher l’héroïne – YES !
  6. ne pas lâcher ma superhéroïne – SEMI-TENUE !
  7. faire plus d’exercice – TENUE, JE SUIS EN SUPER SHAPE, MÊME SI JE TOUSSE TOUT LE TEMPS !
  8. ne plus baiser avec de parfaites inconnues loin d’être parfaites – PAS DE GROSSES CETTE ANNÉE, JUSTE DES MINCES !
  9. appeler les agences d’escortes moins de trois fois par semaine – J’AI FLAMBÉ TOUTE MA RÉSERVE, ANYWAY, ALORS JE N’AVAIS PLUS ASSEZ D’ARGENT POUR 3 FOIS LA SEMAINE (EN PLUS, LES PRIX ONT ÉTÉ INDEXÉS AU COÛT DE LA VIE !)
  10. appeler Chipounet moins de sept fois par semaine – TENUE ! C’EST 6 MAINTENANT !
  11. dépenser moins d’argent dans le gambling – JE MANQUAIS D’ARGENT À CAUSE DE LA RÉSOLUTION 9, ANYWAY !
  12. ne plus tourner de film amateur de moi quand je baise – UNE FILLE A BRISÉ MA CAMÉRA VIDÉO !
  13. participer à des gang bangs moins de cinq fois par mois – MES  »GANG BANG CHICKS » ONT DÉMÉNAGÉ  EN SUÈDE !
  14. arrêter de visiter les saunas par curiosité, je l’ai eue, ma réponse, ça ne m’intéresse pas – TENUE !
  15. arrêter de visiter les bordels par curiosité, je l’ai eue, ma réponse, ça m’intéresse, mais la MTS que j’y ai attrapée m’intéresse moins – BAFOUÉE, REPOGNÉ UNE MTS, N’APPRENDRAI JAMAIS !
  16. vendre le crack moins cher aux enfants du primaire, ce n’est pas correct de leur offrir du financement à taux super élevé à leur âge – MA CONSCIENCE SOCIALE S’EST FAIT CHIER DESSUS TOUTE L’ANNÉE, ALORS LES ENFANTS PEUVENT BIEN APPRENDRE LA DURE RÉALITÉ, CIBOIRE !
  17. arrêter d’appeler le SCRS pour dénoncer mon voisin arabe qui, dans le fond, ne fait absolument rien de louche si ce n’est de faire jouer sa musique un peu fort des fois – IL A ÉTÉ ARRÊTÉ AVEC DES EXPLOSIFS !
  18. ne plus battre des gais dans le fond d’une ruelle à 4 h du matin (je vais essayer de faire ça plus tôt maintenant, c’est fatiguant se coucher si tard si souvent) – TENUE, JE FAIS ÇA EN PLEIN JOUR MAINTENANT !
  19. me trouver une femme qui baise aussi bien que mes 22 ex-maîtresses – BAFOUÉE, C’EST DUR À TROUVER’ CALVAIRE !
  20. voler moins de 1000$ par semaine à ma voisine âgée un peu Alzheimer sur les bords (ce n’est pas correct d’escroquer les personnes âgées) – TENUE (800$) !
  21. faire moins d’une joke de gros/gais/ethnies/vieux/handicapés/banlieusards par jour (ce n’est pas correct de rire des gens dans la misère) – BAFOUÉE, HAH !
  22. manger moins de viande crue – BAFOUÉE !
  23. arrêter de me sauver de mon agent de probation – J’AI RÉGLÉ LE PROBLÈME, IL EST MORT !
  24. confesser le triple meurtre que j’ai commis il y a huit ans en Caroline – TENUE !
  25. confesser le trip à trois que j’ai commis il y a huit ans avec les deux meilleures amies de mon ex Caroline – TENUE, VOUS AURIEZ DÛ VOIR SA FACE (À MON EX) !
  26. mettre un terme à ma correspondance érotique avec un détenu (je me fais passer pour une femme, il croit que je suis Sophie Moone) – BAFOUÉE, LOL!
  27. ne plus donner mon numéro de téléphone à des danseuses cokées jusqu’aux oreilles – SELON VOUS, LOL ?
  28. couper tous les ponts avec le chum de Myriam Bédard, même s’il me donne des bons conseils – TENUE, DE PEINE ET DE MISÈRE !
  29. aller me faire opérer pour me faire enlever mes troisième et quatrième couilles – TENUE !
  30. vendre ensuite ces couilles sur e-Bay pour que des gens comme Flabras puissent enfin s’acheter un semblant de normalité – TENUE ! POUR 100 000 $ (RAPIDEMENT DÉPENSÉS DANS MES VICES ÉNUMÉRÉS PLUS HAUT) !
  31. apprendre à conduire sans boire d’alcool – BAFOUÉE !
  32. ne pas acheter le DVD de la dernière saison d’Occupation double quand il sortira en magasin – N’AI PAS VU LE DVD !
  33. apprendre à parler yiddish – ÇA M’AURAIT SERVI À QUOI, ANYWAY ?
  34. me débarrasser de tout mon linge brun, turquoise, rose et mauve – TENUE, MA DERNIÈRE CHEMISE ROSE N’A PLUS DE BOUTONS DEPUIS UNE SOIRÉE BIEN ARROSÉE !
  35. baiser avec une Asiatique, juste pour clore un débat idiot – BAFOUÉE, CE SERA POUR 2008 !
  36. sortir avec une Blanche, pas vraiment pour clore une autre discussion idiote, mais c’est ce que ça ferait pareil – PAS VRAIMENT TENUE !
  37. apprendre à jouer de la guitare – BAFOUÉE !
  38. apprendre à chanter pour retourner chanter Photograph de Def Leppard au karaoké – BAFOUÉE !
  39. apprendre à boire pour ne pas demander n’importe qui en mariage après trois bières – COMPLÈTEMENT BAFOUÉE !
  40. divorcer de la fille que j’ai épousée par erreur cette fois-là – TENUE, CELLE-LÀ, PAR CONTRE !
  41. payer mes factures avant l’arrivée du huissier – TENUE ! ET BATTU LE HUISSIER !
  42. devenir riche en fondant une secte – BAFOUÉE, JE L’AI OUBLIÉE, CELLE-LÀ !
  43. découvrir Dieu ou m’en inventer un – BAFOUÉE, DU MOINS, JE CROIS !
  44. ne plus abuser sexuellement des toutous en peluche de mes neveux – TENUE, DIFFICILEMENT !
  45. ne plus essayer de baiser avec un lapin ou un berger allemand, essayer une bergère allemande à la place – BAFOUÉE, PAS RENCONTRÉ D’ALLEMANDE !
  46. visiter un pays étranger au cours de l’année pour traumatiser ses habitants (faire un voyage à la Borat, finalement) – BAFOUÉE, PAR CONTRE, LE PORTUGAL ET L’ESPAGNE M’ATTENDENT EN 2008 !
  47. écrire une parodie des Invincibles appelée Les imbéciles avec Scott Rousseau, Mario Paterson, Jean-Sylvain Masse et Francis Despins dans les rôles principaux – BAFOUÉE, C’EST TRISTE !
  48. perdre les trois livres que j’ai en trop (Les infortunes de la vertu, de Sade ; Une vie, de Maupassant ; et It, de Stephen King) – BAFOUÉE !
  49. télécharger illégalement moins de 50 tounes par jour – TENUE, J’AI DES AMIS QUI ME FOURNISSENT MAINTENANT !
  50. faire à nouveau chier un Français ou un Italien avec mes connaissances sur le ”foot– TENUE !
  51. ne plus acheter de cadres décoratifs au Dollarama – TENUE !
  52. suivre une thérapie pour tous les problèmes énumérés plus haut – BAFOUÉE !
  53. CONTINUER D’ÉCRIRE DES NIAISERIES SUR MON BLOGUE (BIENTÔT UN AN ! YEAH !) – TENUE SEULEMENT À MOITIÉ, DÉSOLÉ !!!

Avez-vous fait le décompte ? J’ai plus ou moins tenu la moitié de mes résolutions ! Il y a de quoi être fier, quand même ! Il ne me reste plus qu’à m’en trouver d’autres pour 2008. Bonne année, tout le monde !

Feliz cumpleaños à moi ! 21 novembre 2007

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tanya.jpgHé ! Je suis encore là ! J’ai pris un long break, le temps d’apprendre les rudiments de l’espagnol et de passer quelque temps au Centre de traitement des dépendants à la pornographie (c’est vraiment cool, ils nous font prier Jésus toute la journée pour qu’on oublie les images de teabagging, de branlettes russes et de hot lukes).

OK, un peu de sérieux. Saviez-vous que c’est mon anniversaire demain ? Hé oui ! Youppi ! Je vais avoir 40 ans US. Mais demain, ce n’est pas juste mon anniversaire. Par un alignement astral que même Nostradanus n’aurait pu prédire, demain, c’est aussi la date du 500 dodos ! Vous vous souvenez de ce charmant compte à rebours ? Plus que 500 dodos avant que la délicieusement croquante (j’aime ça,  les adjectifs et les adverbes, OK ? LOL!) Tanya ne se donne complètement et tout à fait légalement à ce cher Chipounet qui n’attend que ça avec une impatience difficilement contenue. Un 500e, ça se fête, hein, mon Chipounet ?

Tout le monde en bave – Épisode 12 3 septembre 2007

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tlmeb.jpg(ATTENTION : Ceci est ma nouvelle histoire de fiction. Toute ressemblance avec des personnes réelles est tout à fait fortuite… Le sujet est délicat. Si vous avez peur de vous reconnaître dans certains personnages controversés, ce n’est pas pour vous. Bref, si ça vous insulte de vous trouver des ressemblances avec des proxénètes, des vendeurs de drogue, des policiers et des travailleurs de prison véreux, des drogués sans espoir, des désespérés, des prostituées et leurs clients, NE LISEZ PAS. Sinon, amusez-vous bien à découvrir cet univers où tout le monde il est croche, tout le monde il est sale. Toutes ces conneries sortent tout droit de mon cerveau et de celui de Serge, nous n’avons fait aucun test sur les humains ou les animaux pour produire cette ”oeuvre”. S’il y a des invraisemblances, ce n’est pas de notre faute, Mindy n’était pas disponible pour nous guider dans la création.)

DOUZIÈME ÉPISODE (FINAL) – TOUTE BONNE CHOSE A UNE FIN

 

(L’épisode débute au son de Close My Eyes Forever, de Lita Ford et Ozzy Osbourne. M. McGill est seul dans son petit appartement et écrit sur une feuille de papier.)

M. McGILL – Je croyais que l’orage était passé. J’espérais que ce cercle vicieux, cet ouragan qui m’entoure et m’enferme avait enfin fait place à la lumière au bout du tunnel. Mais cette lumière n’était qu’un train fonçant directement vers moi. Happé par la vie, frappé de plein fouet, je ne peux me relever. Je ne m’en sens pas la force. Je suis si seul. Si perdu. J’ai si peur d’affronter le regard des gens, de faire face au jugement de la meute. Je n’en peux plus. Seul, j’ai vécu, seul, je partirai. J’ai cru que je pourrais vaincre la solitude en faisant appel à des professionnelles. Tout ce que ça m’a donné, c’est un plus grand sentiment de vide. C’est fini, maintenant. Je n’aurai plus jamais besoin de rien.

(M. McGill se lève et va chercher une carabine qui se trouvait dans un coffret sur le sofa de son salon. Lentement, mais avec assurance pour une des rares fois de sa vie, il dirige le canon vers sa bouche et tire sur la gachette. Il s’écroule par terre, mort sur le coup.)

(Alertés par des voisins qui avaient entendu un coup de feu, les policiers se présentent sur place. Le soir-même, Big Guillaume donne une conférence de presse.)

BIG GUILLAUME – Cet après-midi, nos policiers ont trouvé le corps d’un homme mort dans un appartement du centre-ville de Montréal. Selon les premiers résultats de notre enquête, il s’agirait d’un meurtre crapuleux commandité par l’agence d’escortes Devil’s Daughters.

UN JOURNALISTE – Ce sont de lourdes allégations. Pouvez-vous nous dire quelles sont vos preuves ?

BIG GUILLAUME – Nous avons trouvé un numéro de téléphone griffonné sur un bout de papier. C’était celui de l’agence Devil’s Daughters avant qu’elle ne soit démantelée il y a quelques semaines. De plus, la victime avait le site de l’agence dans ses signets d’ordinateur. Et, comme si tout cela n’était pas assez, le nom d’une des filles de l’agence était inscrit sur un autre bout de papier.

LE MÊME  JOURNALISTE – Le gars était un client de l’agence. Ça prouve quoi, en relation avec sa mort ?

BIG GUILLAUME – Sauf votre respect, M. le journaliste, c’est pour ça que je suis policier et que vous êtes seulement journaliste. Moi, le lien, je le vois. Il saute aux yeux. Que croyez-vous ? C’est clair que c’est soit le fugitif Frank qui a tué l’homme pour l’empêcher de parler ou que c’est Brews qui a fait tuer l’homme pour éviter qu’il devienne un témoin gênant.

LE MÊME JOURNALISTE – Bien, c’est parce qu’il y a une faille dans votre logique.

BIG GUILLAUME – Franchement… laquelle ?

LE JOURNALISTE – Si ce que vous dites est vrai, et permettez-moi d’en douter, il faudrait que les deux proxénètes tuent TOUS leurs clients, sans exception…

BIG GUILLAUME – Euh… vous croyez vraiment ?

LE JOURNALISTE – Bien. S’ils en tuent un parce qu’ils ont peur qu’il parle, ils vont le faire avec tous les autres.

BIG GUILLAUME – Euh… vous m’excuserez, je dois y aller. J’ai des choses à faire. La conférence de presse est terminée.

(Big Guillaume quitte la salle en regardant nerveusement autour de lui.)

(Le lendemain, Claudia visite Brews à la prison. Le proxénète doit prendre un avion dans les 24 heures pour Guantanamo, une place s’étant libérée à la suite de la mort d’un taliban. Les gouvernements canadien et américain se sont entendu pour garder l’expulsion de Brews secrète – puisque illégale. En échange de ce service – les Américains permettent aux Canadiens de se débarrasser d’un malfrat –, le gouvernement canadien a accepté d’envoyer des soldats d’origine amérindienne en Irak – ce faisant, les conservateurs font le pari que la population sera moins choquée de la mort de personnes non blanches.)

CLAUDIA – Mon p’tit chéri, ils peuvent pas t’emmener comme ça, c’est terrible. Y ont pas le droit !

BREWS – Mon avocat a tout essayé, mon amour, ma belle Claudia.

CLAUDIA – Fais comme Frank et évade-toi. Je vas t’aider.

BREWS – Non, malheureusement, avec toi, ça marchera pas, Claudia.

CLAUDIA – Pourquoi ?

BREWS – Euh… écoute, c’est dur à expliquer. Mais crois-moi. Le truc du strip-tease, ça fonctionnera pas avec toi.

CLAUDIA – Mais on va faire quoi, d’abord ? On peut pas laisser faire ça.

BREWS – T’as toujours des guns chez vous ?

CLAUDIA – Oui.

BREWS – Quand tu m’disais qu’t’étais prête à tuer pour moi, c’était vrai ? Parce que ça va peut-être être l’temps de me l’prouver.

CLAUDIA – J’comprends c’que tu veux dire. Écoute, c’est quoi, l’plan ?

BREWS – J’veux que tu t’ramasses une couple de tes clients les plus fidèles et que vous attaquiez le camion où j’vas être au moment où on arrive sur l’pont demain matin à l’heure de pointe. Ça va créer un chaos et on va pouvoir se sauver.

CLAUDIA – OK, bonne idée.

(Pendant ce temps, Frank, nouvellement sorti de prison, tente par tous les moyens de relancer son agence. Il appelle chaque fille l’une après l’autre.)

TANIA – Frank, tu l’sais que j’peux pas. J’ai la protection d’la Jeunesse qui m’check, pis en plus, toi, t’es un fugitif. T’es recherché partout. Si j’suis vue avec toi, j’vas faire d’la prison, c’est sûr.

SAMELY – Frank, j’suis rendue indépendante astheure. J’fais plus de cash de même. J’m’excuse, mais j’veux pas revenir.

KATHLEEN – R’garde, Frank, j’suis déjà pas mal dans ‘marde à cause du suicide de M. McGill. Pis j’me sens mal pour le gars. Pauv’ p’tit. J’veux plus faire ça, j’m’en veux d’avoir fait l’escorte. Check tout c’qui est arrivé.

MELISSA – J’peux pas, Frank. Pendant qu’t’étais en prison, j’me suis faite un chum, pis y veut pas que j’vois d’aut’ gars. Fais qu’j’ai pas l’choix. J’m’excuse.

(Après avoir parlé avec toutes les filles, Frank n’a pas réussi à en convaincre une seule de rembarquer dans son agence. Il est désespéré. Il part dans une ballade en voiture pour réfléchir. La chanson No Easy Way Out, de Robert Tepper – un succès tiré de Rocky IV –, se met à jouer. We’re not indestructible, Baby better get that straight. I think it’s unbelieveable, How you give into the hands of fate. Some things are worth fighting for,
some feelings never die. I’m not asking for another chance, I just wanna know why
.)

FRANK – Que vais-je faire sans toi, Adrienne, euh… mais qu’est-ce que je raconte… que vais-je faire sans mes filles ? Sans tout ce qui me rend vivant ? Sans ma raison d’être ? Maman, es-tu là ? M’entends-tu ? Tu m’as toujours fait du mal, mais ce soir, juste ce soir, peux-tu m’aider ? Je veux comprendre. Qui suis-je ? Où est-ce que je me suis trompé dans la vie ? J’vas faire quoi si j’peux pas pimper des filles ? J’sais rien faire d’autre, maman. Excuse-moi, je n’veux pas t’embêter. Je sais que tu es bien, dans ton Ciel. Maman, est-ce que tu m’as au moins aimé ?

(Le lendemain matin, Brews est dans un camion qui l’emmène en direction de l’aéroport. Au moment de passer le pont, le camion s’arrête brusquement.)

LE CHAUFFEUR – Crisse, y a un malade sur le top du pont. Toute la circulation est bloquée.

BREWS – Quoi ? Mais… et Claudia, elle est où ?

LE CHAUFFEUR – Qui ? De quoi tu parles ?

BREWS – Euh… rien. Laisse tomber.

(Brews regarde par la fenêtre pour voir ce qui se passe.)

BREWS – Eille ! Câlisse ! C’est Frank en haut-là ! Le tabarnak, c’est lui qui m’a tiré. C’est de sa faute que j’peux pus bander.

LE CHAUFFEUR – Il a une pancarte. On dirait qu’il veut de quoi.

BREWS – J’m’en câlisse c’qu’y veut. Envoyez un sniper pour le tirer, l’esti.

LE CHAUFFEUR – Calme-toi, l’détenu. Sinon, on va t’droguer pour qu’tu t’fermes la gueule.

(À ce moment, Claudia surgit de nulle part avec Big Boy, Whippet et J-P, que beaucoup croyaient mort, mais qui était seulement parti aux Etats-Unis tourner un film porno.)

CLAUDIA – Haut les mains, sortez tous du véhicule.

(Malheureusement pour Claudia et ses complices, des centaines de policiers se trouvent sur les lieux en raison de la présence de Frank sur le haut du pont. Les trois criminels se font cribler de balles en moins de temps qu’il n’en faut pour dire ‘Ouch’.)

BREWS – Claudia !!! Nooooonnn !!! La mère de mon futur enfant !

(La jeune femme s’écroule à deux pas du camion de Brews qui assiste impuissant à la scène.)

BREWS – Tabarnak ! C’est la faute à Frank ! S’il avait pas été là, le cave, j’s’rais libre à l’heure actuelle.

(Quelques minutes plus tard, la police se met à négocier avec Frank.)

BIG GUILLAUME (qui parle nerveusement à travers un mégaphone) – Frank, descends de là, qu’est-ce que tu veux ?

FRANK (qui crie en bas) – Lis mon panneau, crétin !

BIG GUILLAUME – Ja…mais sans… mes… filles. J’catche pas…

FRANK – Je r’veux mes filles. J’peux pas vivre sans elles. On m’les a enlevées en faisant d’moi un criminel.

(La scène est montrée en direct à la télévision.)

UN PÈRE FRUSTRÉ QUI REGARDE LA TÉLÉ EN BUVANT SA BIÈRE – Y est cool, lui, je l’aime ben. Y m’fait penser à mes chums.

(On revient sur les lieux.)

BIG GUILLAUME – Frank, tu l’sais qu’on peut pas t’laisser t’en sortir comme ça. Tu t’es évadé d’prison, t’as poussé des mineures à la prostitution, pis t’as essayé d’tuer Brews. Pis en plus, t’as peut-être tué M. McGill, ça, j’enquête là-dessus.

FRANK – M. McGill ? C’était un des meilleurs clients d’Kathleen. Y est mort ?

BIG GUILLAUME – Fais pas à semblant d’pas savoir. Bon, arrête de niaiser pis descends. Sinon, c’est moi qui monte.

FRANK – Pour vrai ? Crisse, viens t’en, j’veux voir ça.

BIG GUILLAUME – Euh… ben… c’tait une façon d’parler. Envoye, descends, l’cave.

FRANK – Non, c’est fini pour moi, Big Guillaume. C’est mes filles ou c’est moi.

BIG GUILLAUME – On peut pas t’laisser faire ça, Frank. Tu l’sais. Si on t’fait pas re-rentrer en prison pis qu’on t’laisse redevenir un pimp, quel message qu’on envoie aux jeunes de ce monde ? As-tu pensé aux jeunes ?

FRANK – Crisse, tu t’écoutes-tu parler ? On dirait Mère Teresa. Monsieur foot fetish me fait la morale ! C’est fort quand même.

BIG GUILLAUME – Foot fetish…. Euh… De quoi tu parles ?

FRANK – C’est ça, fais semblant devant les caméras. Moi, j’ai pas peur de dire c’que j’suis. Un sale. Un pourri. Une loque. Ta société d’politically correct, Big Guillaume, je l’envoie chier, big time, à part ça. Je r’fuse de vivre comme ça. On est tous dans l’même bain, mon gars. Si tu savais c’que j’ai vu pendant qu’j’étais pimp, t’aurais peur, tu capoterais. On vit dans une société pourrie où tout l’monde s’crée un ‘front’ pour faire à croire aux autres qu’ils n’ont rien à se r’procher. Ben, moi, ça, j’suis pus capable. Je baisse le voile et voilà c’qui s’y trouve. C’est laid, c’est mesquin, c’est désagréable, mais c’est vrai. Finie l’hypocrisie.

BIG GUILLAUME – Frank, j’vas pas l’dire cent fois, descends.

FRANK – Sinon quoi ?

BIG GUILLAUME – Ben, tu vas quand même pas passer la journée à bloquer l’trafic, non ?

FRANK – Non, ça va finir dans pas longtemps.

BIG GUILLAUME – C’est bien, tu vas descendre, donc ?

FRANK – Oui…

BIG GUILLAUME – Good, OK, eille, mais… Crisse !!!!!

(Après s’être donné un tout petit élan, Frank plonge dans le vide devant des centaines de témoins. Son vol plané semble éternel. La série se termine au son de Carmina Burana…)

FIN (Ne manquez pas, sous peu, le fichier PDF avec  plein de petits extras en boni !)

Tout le monde en bave – Épisode 11 21 août 2007

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tlmeb.jpg(ATTENTION : Ceci est ma nouvelle histoire de fiction. Toute ressemblance avec des personnes réelles est tout à fait fortuite… Le sujet est délicat. Si vous avez peur de vous reconnaître dans certains personnages controversés, ce n’est pas pour vous. Bref, si ça vous insulte de vous trouver des ressemblances avec des proxénètes, des vendeurs de drogue, des policiers et des travailleurs de prison véreux, des drogués sans espoir, des désespérés, des prostituées et leurs clients, NE LISEZ PAS. Sinon, amusez-vous bien à découvrir cet univers où tout le monde il est croche, tout le monde il est sale. Toutes ces conneries sortent tout droit de mon cerveau et de celui de Serge, nous n’avons fait aucun test sur les humains ou les animaux pour produire cette ”oeuvre”. S’il y a des invraisemblances, ce n’est pas de notre faute, Mindy n’était pas disponible pour nous guider dans la création.)

ONZIÈME ÉPISODE – ET LA JUSTICE, BORDEL ?

 

(Une fois sorti de l’hôpital, Brews a à peine le temps de commencer sa réhabilitation que les policiers débarquent chez lui. Les plaintes contre lui sont accablantes : avoir vécu des fruits de la prostitution, gestion d’un réseau de prostitution juvénile (pour les deux mineures), possession de drogue et d’armes… et viol ! La belle Samély avait en effet porté plainte, à la suggestion de Daria, son nouveau copain et client fidèle. Brews allait donc devoir prouver que la ‘relation sexuelle’ qu’il a eue avec la jeune Asiatique dans sa chambre d’hôpital était de nature consentante, une tâche plus qu’ardue, compte tenu de son occupation illégale et de la société actuelle prête à condamner aveuglément n’importe quel homme accusé de violence ou d’agression.)

BREWS – Pis, Maître Paco, on est-tu prêts pour l’audience ?

MAÏTRE PACO – Euh, ben, c’est-à-dire que…

BREWS – Qu’est-ce qu’y a ? Vous avez tous les dossiers ? On va se défendre, esti ? C’est pas vrai que je m’en va faire d’la prison pour viol, ciboire !

MAÏTRE PACO – J’ai une mauvaise nouvelle. Vous n’allez pas me croire.

BREWS – Quoi ? Envoye, dis-lé.

MAÏTRE PACO – Quand je suis allé vous visiter à la prison hier matin, j’ai laissé mes documents dans la salle commune des visites. Je me suis dit que, de toute façon, je retournais à la prison ce matin. Hé bien, croyez-le ou non, on m’a volé ma mallette avec  tout votre dossier.

BREWS – Vous m’en direz tant…

MAÏTRE PACO – Je ne sais pas quoi faire. On pourrait demander un ajournement.

BREWS – Euh… attendez, vous êtes sérieux, là ? C’est pas une joke, vot’ affaire ?

MAÎTRE PACO – Ben non. Faudrait vraiment que je sois un idiot pour blaguer à un tel moment.

BREWS – C’est vrai qu’y faudrait vraiment qu’vous soyez un idiot…

(Brews va dans la salle de bain du palais de justice. Une fois seul, il se met à gueuler contre son imbécile d’avocat. Mal pris, il peut difficilement se défendre seul puisque ce sera alors sa parole – celle d’un pimp – contre celle d’une pauvre petite fille mignonne qui s’est retrouvée bien malgré elle dans les griffes d’un horrible réseau inhumain de prostitution et qui s’en est sortie grâce à un courage digne des meilleurs téléfilms de TVA.)

BREWS – Bon. Envoye, sacrement, on y va.

MAÎTRE PACO – Euh… êtes-vous sûr que vous voulez y aller comme ça ?

BREWS – Oui. Faites-moi pas chier.

(Ils entrent dans la salle. Le juge demande à tous de s’asseoir.)

L’HONORABLE JUGE PINGOUIN – Monsieur Brews, qu’est-ce que ce curieux accoutrement ?

BREWS – C’est ainsi que j’ai souhaité m’habiller ce matin, votre Horreur.

 L’HONORABLE JUGE PINGOUIN – Mais… vous portez une couche, Monsieur Brews.

BREWS – Vous avez mal regardé, votre Horreur.

L’HONORABLE JUGE PINGOUIN – Mais… mais… c’est le drapeau canadien que vous portez en couche !!!

BREWS – Oui, votre Horreur. C’est là tout le dédain que je ressens par rapport à ce pays dont le système de justice protège les riches saloperies d’Outremont et incarcère sans sourciller tous les sans-espoir qui essaient de s’en sortir, comme moi. En quoi suis-je plus dangereux pour la société, votre Horreur, qu’un minable qui vole les fonds de retraite de milliers d’employés ? Tout ce que j’ai fait, votre Horreur, c’est procurer du plaisir, par pitounes interposées, à ces big shots qui se croient tout permis. Et cette jeune femme, qui prétend que je l’ai violée, allez sur Youtube et vous verrez que son visage est resplendissant de bonheur quand elle a mon pénis dans sa bouche. D’accord, il était mou à ce moment, mais elle a bien tout tenté, la pauvre. Feriez-vous ça, votre Horreur, vous, si on vous violait, essaieriez-vous de faire bander votre violeur ?

L’HONORABLE JUGE PINGOUIN – Comment savez-vous tout ça, vous ?

BREWS – Savez-vous quoi ? Je ne comprends pas… oh… attendez, je crois que je comprends. Mon Dieu, votre Horreur, j’espère que ça n’a pas été trop pénible.

L’HONORABLE JUGE PINGOUIN – Ce n’est pas de vos affaires. Un peu d’ordre dans cette salle. Revenons au procès.

BREWS – Oups…

L’HONORABLE JUGE PINGOUIN – Oups, quoi ?

BREWS – Je crois que je viens d’exprimer physiquement ce que je ressens par rapport au drapeau canadien…

L’HONORABLE JUGE PINGOUIN – Bon, c’est assez ! Monsieur Brews, je vous déclare coupable d’outrage au tribunal et je vous nomme combattant ennemi.

BREWS – Eille, come on, je veux pas aller à Guantanamo. Y fait chaud que l’crisse là-bas. J’haïs ça, la chaleur. Faites pas chier, on n’est pas aux États icitte.

L’HONORABLE JUGE PINGOUIN – Tant pis pour vous, vous n’aviez qu’à y penser avant. La séance est levée.

MAÎTRE PACO – Objection ! Je demande un appel.

L’HONORABLE JUGE PINGOUIN – Euh… Maître Paco, sauf votre respect, vous devez d’abord évaluer ma décision et le cas avant de demander un appel. Connaissez-vous la procédure ?

MAÎTRE PACO – Ben, je l’avais dans un livre il y a quelques années, mais on me l’a volé quand je suis allé dans un bordel en Thaïlande avec mon ami Flabras.

L’HONORABLE JUGE PINGOUIN – Vous avez amené le guide de la procédure canadienne dans un bordel thaïlandais ?

BREWS – T’es allé en Thaïlande avec Flabras ? Crisse, pis c’est moi qu’y veulent mettre en tôle… quelle justice de merde.

L’HONORABLE JUGE PINGOUIN – Un peu plus et je serais d’accord avec vous, Monsieur.

BREWS – Voulez-vous une couche Canada ? J’peux vous en fournir une…

(Alors que Brews semble se diriger tout droit vers Guantanamo, Frank est déjà dans une cellule de prison et paraît condamné à y rester un bon bout de temps. Mais a-t-il vraiment dit son dernier mot ?)

FRANK – Salut, Mireille, pis ‘Prison Break’, c’était bon ?

MIREILLE – Mets-en. C’est trop ‘hot’. Y a une scène où qu’on voit Wentworth torse nu, j’capotais, c’était trop fort…

FRANK – Oui, bon, j’suis sûr que t’as ben aimé ça…

MIREILLE – Attends, j’ai pas fini d’te raconter. Pis là, il transpirait, pis…

FRANK – Eille, t’as-tu oublié pourquoi t’es venue ici aujourd’hui ?

MIREILLE – Bon, bon, OK, d’abord. Maudit qu’t’es plate, pareil.

FRANK – Ça paraît qu’c’est pas toi qui dort à côté d’une espèce de sosie de Shrek depuis trois semaines… Bon, t’as-tu amené Gontrand ?

MIREILLE – Oui, j’ai tout amené c’qu’y fallait. T’es-tu sûr qu’ça va marcher ? Si ça marche pas, m’as être dans ‘marde un peu pour rien, moi là.

FRANK – Écoute, ça fait trois semaines que j’analyse ces gars-là. Fais-moi confiance. Ça va marcher.

MIREILLE – Bon. J’suis prête. J’suis nerveuse au max, mais ça devrait aller.

FRANK – T’es capable, j’en suis sûr. Mireille…

MIREILLE – Quoi ?

FRANK – Euh… rien. J’voulais juste te dire merci. Une chance que t’es là.

MIREILLE – Ouais, rappelle-toi-z-en mais qu’on se r’voit, OK ?

(Frank et Mireille se lèvent de la table à laquelle ils étaient assis dans la salle commune de visite de la prison. Mireille sort son lecteur MP3 de son sac à dos, qui n’avait pas été fouillé, parce que le garde à l’entrée trouve Mireille craquante. La jeune femme branche le lecteur sur deux petits haut-parleurs et ‘Beautiful Liar’ de Beyoncé et Shakira se met à jouer. Mireille, qui portait une casquette, la fait tomber d’un geste brusque de la tête et laisse tomber une longue tignasse de cheveux. Sans perdre de temps, elle commence à déboutonner son chemisier sous l’œil soudain attentif des gardiens de sécurité.)

UN GARDIEN – Eille, les gars, vite, des totons, câlisse !!!

UN AUTRE GARDIEN – Hein, quoi ? Vite, où ça, des totons ?

UN AUTRE GARDIEN – Wow ! Des totons ! Eille, faut l’dire à tout l’monde de venir voir ça ! Des totons, les gars !!!

UN GARDIEN, À L’INTERCOM DE LA PRISON – Appel à tous ! Des totons dans la salle commune. C’est une urgence. Tous à la salle commune.

(En moins de deux, une émeute est déclenchée dans la prison. Les gardiens courent dans tous les sens, les prisonniers aussi, une forte sirène se fait entendre pour avertir de l’événement – les totons. Avant de quitter la salle commune en marchant tranquillement sans se faire déranger, Frank se retourne une dernière fois en direction de Mireille, qui vient de sortir Gontrand, son vibrateur, de son sac.)

FRANK – (il pense tout haut, mais personne ne l’entend) Ah Mimi… quelle femme incroyable, vraiment. Des fois, j’me demande, si j’avais pu un jour ressentir quelque chose pour quelqu’un, peut-être que…

UN GARDIEN – Eille, tasse-toi d’là, tu m’caches la vue, mon gars. Des totons, ciboire !

(Frank se tasse un peu et sort de la pièce.)

FRANK – Bah… moi, j’aimerai une femme seulement le jour où les cochons tomberont du ciel. J’suis pas fait pour ça. Au r’voir, Mimi. À bientôt.

(Frank sort de la prison sans problèmes, alors que des forces policières viennent de toute la ville et débarquent en hélicoptère pour venir voir l’événement – les totons – dans un grand brouhaha. La chanson ‘Here I Go Again’ de Whitesnake suit Frank qui marche tranquillement dans les rues, désormais libre, mais seul. An’ here I go again on my own, Goin’ down the only road I’ve ever known, Like a drifter I was born to walk alone, An’ I’ve made up my mind, I ain’t wasting no more time.)

Tout le monde en bave – Épisode 10 11 août 2007

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tlmeb.jpg(ATTENTION : Ceci est ma nouvelle histoire de fiction. Toute ressemblance avec des personnes réelles est tout à fait fortuite… Le sujet est délicat. Si vous avez peur de vous reconnaître dans certains personnages controversés, ce n’est pas pour vous. Bref, si ça vous insulte de vous trouver des ressemblances avec des proxénètes, des vendeurs de drogue, des policiers et des travailleurs de prison véreux, des drogués sans espoir, des désespérés, des prostituées et leurs clients, NE LISEZ PAS. Sinon, amusez-vous bien à découvrir cet univers où tout le monde il est croche, tout le monde il est sale. Toutes ces conneries sortent tout droit de mon cerveau et de celui de Serge, nous n’avons fait aucun test sur les humains ou les animaux pour produire cette ”oeuvre”. S’il y a des invraisemblances, ce n’est pas de notre faute, Mindy n’était pas disponible pour nous guider dans la création.)

DIXIÈME ÉPISODE – DEUX GROSSES MOLLES

CLAUDIA – Brews, mon amour, c’est moi, c’est Claudia, ta chérie.

SAMELY (une des escortes asiatiques de l’agence) – Je ne pense pas qu’il t’entend, Claudia. Ils l’ont gelé ben dur, r’garde.

CLAUDIA – Oh ! Oui, c’est vrai, le pauvre chou, il est gelé ben dur. J’aurais dû m’en rendre compte, ça saute aux yeux.

SAMELY – Tu dois avoir hâte qu’il se réveille, hein, Claudia ?

CLAUDIA – Mets-en. Mais j’sais pas par où commencer. J’ai tellement de choses à lui dire. Et pas toutes des bonnes.

BREWS – Eubeumeurkbeuf… Ouapilibivili…

SAMELY – Regarde, Claudia, il se réveille !

CLAUDIA – C’est vrai ! Mon Dieu, il bave tout partout. Attends, mon amour, je vais t’essuyer.

BREWS – Euh beu… eille, câlisse, qu’est-ce tu fais là, ciboire ?

CLAUDIA – Ben, j’t’essuie, t’es plein d’bave pis d’morve. Pis tu pues que l’diable. Ils t’ont pas lavé après l’opération, coudonc ?

BREWS – De yousse que j’chu ? Qu’est-ce qui est arrivé ?

CLAUDIA – Tu t’es fait tirer dessus, Brews. C’est un miracle que t’es encore vivant.

BREWS – Hein ? Eille, pis comment ça s’fait que j’sens rien pantoute alors que j’ai deux de mes pitounes préférées icitte ?

CLAUDIA – Ben, mon amour, les docteurs nous ont appris une ben mauvaise nouvelle tantôt.

SAMELY – Ouais, Brews, tu seras pas content.

BREWS – Quécé qu’y a ?

CLAUDIA – Ben, t’es catatonique, chéri.

BREWS – Quoi ?

SAMELY – Non, y a pas dit ‘catatonique’, me semble que c’était ‘paramagique’ ou quèk chose de même. Ou peut-être ‘trisomique’.

BREWS – Hein ! Je suis trisomique ! Câlisse, quessé m’as faire ?

LE PETIT VIEUX VOISIN DE CHAMBRE – Crisse que vous êtes caves, ciboire ! J’ai jamais vu ça en près de 80 ans de fréquentation des hôpitaux. Le médecin, y a dit qu’y était paraplégique. Ça veut dire qu’y peut pus marcher, pis qu’y sent rien à partir de la ceinture.

BREWS – Quoi ? Ça veut dire que si eux autres me sucent, je sentirai rien ?

DARIA, LE PETIT NEVEU DU VOISIN DE CHAMBRE – Essayez, vous allez voir.

(Les deux filles baissent le drap du lit de Brews et commencent à lui faire une pipe en duo. Le petit neveu filme la scène avec son téléphone cellulaire.)

DARIA, LE PETIT NEVEU DU VOISIN DE CHAMBRE – Wow ! Ça s’en va sur Youtube, ça. J’vas appeler ça, ‘les belles et le mou’.

BREWS – Merde, y a raison, l’tabarnak. J’bande pus pantoute. Aucune réaction !

(Brews se met à délirer quelques instants, répétant inlassablement ‘Kill me, I’m asking you to kill me, why won’t anybody kill me?’, pendant que One de Metallica joue à tue-tête – Darkness Imprisoning Me, All That I See, Absolute Horror, I Cannot Live, I Cannot Die, Trapped in Myself, Body My Holding Cell.)

CLAUDIA – Ouais, pis c’est pas la seule mauvaise nouvelle que j’ai à t’annoncer, mon chéri.

BREWS – Ben là, c’est déjà assez grave, ça. En plus, ce p’tit cave-là va mettre ma contre-performance horrible sur le Net.

(Le petit neveu du voisin de chambre fait un clin d’œil à Brews. Il est visiblement tout fier de son coup.)

CLAUDIA – J’ai l’VIH, Brews.

BREWS – OK, c’est ça, l’autre mauvaise nouvelle ?

CLAUDIA – Ben oui, épais. C’est grave. Si j’fais pas attention, m’as aussi pogner l’SIDA.

SAMELY – Moi, j’ai un début d’grippe.

BREWS – J’ai eu peur, j’pensais qu’t’allais m’annoncer qu’t’étais enceinte pis qu’j’suis l’père.

CLAUDIA – Ben, ça aussi, ça s’peut…

BREWS – Comment ça, ça s’peut ?

CLAUDIA – Ben, j’suis juste pas certaine à 100% qu’c’est toi l’père. Ça pourrait aussi être Big Boy, tu sais, mon client régulier.

BREWS – Tu baisais avec lui sans condom ou quoi ?

CLAUDIA – Depuis quèk temps, oui. En fait, j’ai aussi baisé sans condom avec J-P et un gars avec les cheveux longs qui voulait qu’je l’appelle par son surnom.

BREWS – Crisse, t’as baisé avec J-P ? Quand ça ?

CLAUDIA – Y s’sentait seul certains soirs avant toute la marde avec le ‘Arm Breaker’, fais qu’je l’soulageais. J’vois pas c’qui a de mal à ça.

BREWS – Ben, c’est parce que j’pensais qu’c’était spécial, nous deux.

CLAUDIA – Ça l’est, mon chou. Avec toi, c’est ben différent d’avec tous les autres. T’es mon p’tit Chipou d’amour.

BREWS – Claudia, faut qu’j’te dise. Y a jamais eu une fille qui m’a fait me sentir comme je me sens quand j’t’avec toi.

CLAUDIA – C’est vrai ?

BREWS – T’as toujours su me faire exploser. Tu l’sais, quand on est ensemble, ça coule de source ent’ nous deux. J’en brûle tellement qu’ça m’fait mal. T’es comme une drogue pour moi. T’es la charrue qui tire mes bœufs. La viande sur mon moignon.

CLAUDIA – C’est beau, c’que tu m’dis, Brews. T’es fin.

SAMELY – Euh, j’veux pas ruiner vot’ beau moment, mais moi aussi, j’suis là pour une bonne raison.

CLAUDIA – Comment ça ? J’pensais qu’t’étais juste venue pour du soutien moral ?

SAMELY – Pas vraiment. J’voulais juste dire à Brews de pas s’inquiéter, j’ai été m’faire avorter la s’maine passée. J’te f’rai pas d’trouble, Brews.

BREWS – Euh…

CLAUDIA – Quoi ? Tu l’as mise enceinte ? Sacrement, elle a plus que 20 ans plus jeune que toi. Esti d’cochon sale !

BREWS – Crisse, r’viens-en, j’t’un pimp, pas un prince charmant, ciboire. À quoi tu t’attendais ? Pis r’garde-là comme du monde. T’a baiserais pas, toi ?

DARIA, LE PETIT NEVEU DU VOISIN DE CHAMBRE – Moi oui, en tout cas.

SAMELY – T’as-tu 200$ ?

BREWS – Depuis quand tu montes tes prix de même, toi ?

SAMELY – Ben là, Brews. J’suis rendue à mon compte astheure. J’t’une indépendante. J’peux ben charger c’que j’veux. Devil’s Daughters, c’est mort, man.

DARIA, LE PETIT NEVEU DU VOISIN DE CHAMBRE – Eille, mon vieux, tu m’passerais-tu 200$ ? C’est pour une bonne cause, r’garde ça.

LE PETIT VIEUX VOISIN DE CHAMBRE – Bon, teins, pis fais pas comme la dernière fois. Cette fois, essaye de tougher plus que 5 minutes avant de venir. Tu l’sais qu’les filles aiment pas ça. Fais confiance à un vieux routier.

BREWS – C’est vrai, ça, l’kid.

DARIA, LE PETIT NEVEU DU VOISIN DE CHAMBRE – Crisse, t’étais-tu obligé d’raconter ça d’vant eux autres ? Moi, j’te raconte pus mes histoires de cul avant d’t’endormir.

(Le jeune homme quitte la chambre d’hôpital en compagnie de Samely.)

CLAUDIA – J’en r’viens pas qu’tu m’trompais autrement que juste pour tester les nouvelles filles, esti.

BREWS – Ben oui, mais Claudia, faut qu’tu comprennes. Avec le nombre de gars qu’tu faisais par jour, t’étais pas tout l’temps ben ben fraîche quand qu’on se voyait, t’sais. Fallait ben que j’compense quèk part. Pis tu l’sais qu’j’aime ça quand c’est tight.

CLAUDIA – Tu dis n’importe quoi.

BREWS – Ah, come on, sois pas fâchée pour rien. R’garde, pour te prouver que c’est différent avec toi, m’as t’payer ton avortement. Samely, j’y ai jamais donné d’argent, fais qu’c’est sûrement elle qui a payé pour. Mais toi, j’veux bien payer. C’est à c’point-là que j’t’aime.

CLAUDIA – Tu comprends pas, Brews. Si c’est not’enfant, j’veux l’garder.

BREWS – Pis ton chum Rick ? Tu penses pas qu’y va vouloir me tuer mais qu’il l’apprenne ?

CLAUDIA – J’ai une idée. On s’sauve au Maroc juste toi pis moi, pis on s’marie. J’vois ça d’ici, on va s’déguiser, qu’est-ce que t’en penses ?

(Brews ressent un malaise et se met à vomir sur le côté du lit. Claudia appelle une infirmière. Une grosse madame arrive en courant.)

MADAME FOOTBALL L’INFIRMIÈRE – Madame, je vais devoir vous demander de quitter, s’il vous plaît. Il ne faut pas trop l’épuiser. Il récupère d’une dure opération. Et il va avoir besoin de toute son énergie au cours des prochains mois. Vous savez, il a tout un processus d’adaptation à affronter désormais.

CLAUDIA – Oui, je sais, c’est horrible, il ne peut plus bander.

MADAME FOOTBALL L’INFIRMIÈRE – Marcher, surtout. Il ne peut plus marcher, Madame. C’est très grave.

CLAUDIA – Ça doit être parce que vous êtes grosse et laide que vous trouvez que c’est pire, un homme qui n’peut plus marcher. Si au moins il pouvait baiser, ce s’rait moins pire pour lui.

MADAME FOOTBALL L’INFIRMIÈRE –Vous n’étiez pas obligée de m’insulter, Madame. Maintenant, sortez. Je dois m’occuper de lui.

(Claudia quitte l’hôpital et Madame Football l’infirmière nettoie les dégâts causés par Brews et le lave à la débarbouillette. L’épisode se termine ainsi au son d’Iris, des Goo Goo Dolls : And all I can taste is this moment, And all I can breathe is your life, ‘Cause sooner or later it’s over, I just don’t want to miss you tonight. And I don’t want the world to see me, Cause I don’t think that they’d understand, When everything’s made to be broken, I just want you to know who I am.)

Tout le monde en bave – Épisode 9 2 août 2007

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tlmeb.jpg(ATTENTION : Ceci est ma nouvelle histoire de fiction. Toute ressemblance avec des personnes réelles est tout à fait fortuite… Le sujet est délicat. Si vous avez peur de vous reconnaître dans certains personnages controversés, ce n’est pas pour vous. Bref, si ça vous insulte de vous trouver des ressemblances avec des proxénètes, des vendeurs de drogue, des policiers et des travailleurs de prison véreux, des drogués sans espoir, des désespérés, des prostituées et leurs clients, NE LISEZ PAS. Sinon, amusez-vous bien à découvrir cet univers où tout le monde il est croche, tout le monde il est sale. Toutes ces conneries sortent tout droit de mon cerveau et de celui de Serge, nous n’avons fait aucun test sur les humains ou les animaux pour produire cette ”oeuvre”. S’il y a des invraisemblances, ce n’est pas de notre faute, Mindy n’était pas disponible pour nous guider dans la création.)

NEUVIÈME ÉPISODE – FAIRE FACE À LA MUSIQUE

 

(L’épisode débute avec la reprise rock d’Hazy Shade of Winter par les Bangles – Time, time, time, see what’s become of me. Frank est à l’arrière d’une voiture de police, on entend des sirènes d’ambulance et la caméra suit le trajet entre le bureau qui servait aux opérations de Devil’s Daughters et le poste de police. Est-ce la fin de l’agence d’escortes de nos compères ? Brews a-t-il payé de sa vie pour cette aventure ?)

(Le lendemain matin, Mireille vient visiter Frank au pénitencier.)

FRANK – Ils ont tous dans leurs larmes quelque chose qui dérange, un signal d’alarme qui désarme et séduit même les anges. Ils ont tous dans les yeux ce que tu ne vois pas, qui n’appartient qu’à eux, qui n’appartient qu’à moi. Tous dans le cœur les bleus de la déprime, le noir du malheur qui invite au crime. Tous dans les mains du sang, des images pour offrir demain aux seins de passage. Tous dans les poings de belles promesses pour les putains qui les caressent. Tous dans leur vie le miroir de la mienne. De la haine et de la colère à perdre la raison. Tous une histoire cent fois racontée contre un verre à boire pour oublier.

MIREILLE – Tant qu’à citer Éric, tu pourrais choisir une meilleure chanson, me semble…

FRANK – Pas d’ma faute, j’trouvais qu’ça fittait, pis j’avais pas l’goût de m’forcer à t’sortir un d’mes monologues habituels. Y m’ont enlevé mes joints, fais que…

MIREILLE – Bon, écoute, qu’est-ce qui s’est passé ? Pourquoi t’as fait ça ?

FRANK – Je sais-tu, moi, crisse ! J’ai-tu l’air d’avoir le contrôle, de c’temps-là ? R’garde-moi, ‘sti, j’suis au pen, Mimi. Sais-tu qu’j’ai dormi collé-collé su’un gros bonhomme qui a l’air de Shrek pis qui rit même quand qu’y dort ?

MIREILLE – Ça devait pas être si pire que ça, il a l’air sympathique.

FRANK – Ouais, jusqu’à c’qu’il commence à s’promener tout nu dans la cellule p’tite comme une gosse.

MIREILLE – Euh…

FRANK – Mimi, faut que j’sorte d’icitte au plus crisse. Aide-moi, calvaire.

MIREILLE – J’sais pas trop c’que j’peux faire, Frank. J’ai parlé à ton avocat, Dennis, avant d’v’nir ici, pis ça r’garde mal, mon ami. En passant, t’aurais pas pu t’engager un avocat qui a l’air un peu moins agressif ? Dans son bureau, il a trois téléphones pétés dans un coin pis deux tableaux sont arrachés du mur. T’as pas peur qu’il donne une mauvaise image de toi au juge ?

FRANK – C’est pour intimider la Cour qu’j’ai engagé c’gars-là. J’me dis qu’y va leur faire peur. Mais qu’est-ce qu’y t’a dit à mon sujet ?

MIREILLE – Ben, en plus des charges de tentative de meurtre qui pourraient devenir meurtre au second degré…

FRANK – As-tu des nouvelles de Brews ? Es-tu allée à l’hôpital ?

MIREILLE – Je sais pas, Frank. Je sais juste qu’il était entre la vie et la mort hier soir. Y est pt’être mort drette là qu’on en parle.

FRANK – Sacrement, ça va mal en esti.

MIREILLE – Ouais, fais qu’t’as ces charges-là cont’ toi, Frank, mais t’as aussi avoir vécu des fruits de la prostitution, avoir prostitué des mineures, possession d’arme et de drogue, finalement, t’as juste l’esclavage pis crimes contre l’humanité qu’y-z-ont pas cont’ toi, pis c’t’à peu près toutte…

FRANK – Ciboire, crimes contre l’humanité, faut pas exagérer. J’ai quand même pas organisé un génocide.

MIREILLE – Non, mais tu sais comment est notre système de justice. Toi, un bon p’tit gars qui a mal viré, dans l’fond, tu pourrais en prendre pour 30 ans, mais le Rwandais qui est caché icitte pis qui a tué des centaines de Noirs, ça, ça passe, y vont l’laisser tranquille.

FRANK – Ouais, c’t’écoeurant comment qu’les Noirs ont des passe-droit avec la loi.

MIREILLE – Euh, non, c’est pas vraiment ça que j’voulais dire. Pas grave, laisse tomber. Écoute, j’vais y aller, j’ai pas encore fini de r’garder mon DVD d’Prison Break, y m’reste 2-3 épisodes. Faudrait que j’les r’garde avant d’aller travailler c’t’après-midi. On s’tient au courant, OK ?

FRANK – OK. Eille, Mimi…

MIREILLE – Quoi ?

FRANK – Merci d’être là. Ça fait du bien d’voir quelqu’un d’aut’ que l’gros Lans.

MIREILLE – Lans, c’est ton nouvel ami de cellule ?

FRANK – Ris pas, c’est vraiment pas drôle ! Mimi, sors-moi d’icitte, OK, fais n’importe quoi qu’t’as à faire.

MIREILLE – OK, ciao, à prochaine chicane, on se r’parle bientôt.

(Pendant ce temps, Kathleen est sortie de l’hôpital où on l’a traitée pour un choc post-traumatique. Elle rencontre Claudia dans un café. Cette dernière a redonné signe de vie après avoir vu les nouvelles de la fusillade. Elle n’a aucune idée de ce qui est arrivé à J-P le soir où on les a perdus de vue, elle s’était sauvée de son propre côté et était restée cachée depuis.)

CLAUDIA – Kathleen, s’il-te-plaît, dis-moi que Brews va bien.

KATHLEEN – Je sais pas, Claudia. Ils l’ont opéré d’urgence cette nuit. Je sais pas s’ils l’ont sauvé.

CLAUDIA – Crisse ! Faut que j’aille le voir absolument.

KATHLEEN – Pourquoi ? Tu tiens à ta job d’escorte à c’point-là ? Devil’s Daughters, c’est mort, Claudia. En tout cas, j’pense. La police a arrêté Frank. Il est dans ‘ marde jusqu’au trou.

CLAUDIA – Jusqu’au cou…

KATHLEEN – Euh, ah, oui, oups ! (rires)

CLAUDIA – J’peux-tu t’faire une confidence, Kathleen ?

KATHLEEN – Ben oui, tu sais qu’tu peux tout m’dire. Sauf les bouttes ‘gross’ de tes baises avec Big Boy, ça, ça m’tente pas de l’savoir.

CLAUDIA – Ben, ça concerne Brews pis mon chum Rick le motard.

KATHLEEN – Qu’est-ce qu’y a ?

CLAUDIA – Depuis quèk temps, j’vois Brews en secret pis on baise. Si Rick l’apprend, il va l’tuer.

KATHLEEN – Ben, c’est pu trop grave, c’est pt’êt’ déjà faite, ça !

CLAUDIA – Euh, ouin… mais faut qu’tu comprennes, Kathleen, y m’aime pis je l’aime.

KATHLEEN – T’aimes Brews ???

(Le refrain d’I Wanna Know What Love Is, de Foreigner, se fait entendre.)

CLAUDIA – Oui. C’est fucké, hein, c’est comme le syndrome de stuck-up.

KATHLEEN – De Stockholm.

CLAUDIA – Hein ?

KATHLEEN – Le syndrome de Stockholm, qu’on dit. Eille, c’est drôle, d’habitude, c’est moi qui m’mêle.

CLAUDIA – Ben oui, c’est comique, cette fois, c’tait moi.

(Le téléphone cellulaire de Claudia sonne.)

CLAUDIA – Oui, allo ?

SECRÉTAIRE – Bonjour, Madame, ici la secrétaire du docteur André Hammer. Nous avons reçu vos résultats de tests. Il faudrait que vous passiez à nos bureaux le plus rapidement possible.

CLAUDIA – Quoi ? Ben, comment ça ? Pourquoi ?

SECRÉTAIRE – Je n’peux pas vous l’dire au téléphone, Madame. Le docteur Hammer vous expliquera. Pouvez-vous passer cet après-midi ?

(La dernière scène de l’épisode montre Claudia dans le bureau du docteur Hammer. La chanson Poison d’Alice Cooper se fait entendre.)

CLAUDIA – Qu’y a-t-il, Docteur ? Pourquoi m’avoir fait v’nir d’urgence ?

DOCTEUR HAMMER – Madame, je n’aime jamais annoncer ça à quelqu’un. C’est toujours difficile, mais…

CLAUDIA – … Les tests sont positifs ? … (léger silence – sauf le refrain de la toune Poison.)

DOCTEUR HAMMER – J’ai le regret de vous annoncer que oui, Madame. Vous êtes séropositive.

Méchant party ! 29 juillet 2007

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Cent fois mieux qu’un  5 à 7, notre party d’hier ! Merci Hans et Susanne de votre hospitalité, c’était super. On a eu la chance d’entendre Randy et Hans nous jouer de la guitare et de l’harmonica, on a mangé des hamburgers à 2 h du matin et on a même vu notre Denis national ! En plus, on a eu Dame Nature de notre bord, il a fait beau toute la journée sur l’île Perrot.

Ça va peut-être en décevoir quelques-uns, mais ça m’a motivé à changer un peu notre façon d’organiser des activités de gang. Gaspiller plein d’énergie pour organiser des soirées dans des bars qui se terminent vers 21 h, ce n’est plus mon trip. J’ai 34 ans, pas 64, veiller tard, j’aime ça. Alors, à partir de maintenant, je crois qu’au lieu d’envoyer des invitations à tous et de me taper le gossage, je vais tâter le terrain individuellement selon les activités. C’est juste idiot que nos soirées se terminent à 3-4 h du matin quand c’est impromptu avec Serge, J-S, Manu et Parise, par exemple, et que ça se termine à 22 h quand c’est organisé deux semaines d’avance.

Tout ça pour dire que des partys de maison, on va essayer d’en faire plus souvent et des sorties planifiées à la dernière minute aussi. Passer deux semaines à répondre à plein de courriels provenant en plus de gens qui ne viennent même pas, ce n’est pas très amusant, essayez et vous comprendrez ma frustration.

Tout le monde en bave – Épisode 8 17 juillet 2007

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tlmeb.jpg(ATTENTION : Ceci est ma nouvelle histoire de fiction. Toute ressemblance avec des personnes réelles est tout à fait fortuite… Le sujet est délicat. Si vous avez peur de vous reconnaître dans certains personnages controversés, ce n’est pas pour vous. Bref, si ça vous insulte de vous trouver des ressemblances avec des proxénètes, des vendeurs de drogue, des policiers et des travailleurs de prison véreux, des drogués sans espoir, des désespérés, des prostituées et leurs clients, NE LISEZ PAS. Sinon, amusez-vous bien à découvrir cet univers où tout le monde il est croche, tout le monde il est sale. Toutes ces conneries sortent tout droit de mon cerveau et de celui de Serge, nous n’avons fait aucun test sur les humains ou les animaux pour produire cette ”oeuvre”. S’il y a des invraisemblances, ce n’est pas de notre faute, Mindy n’était pas disponible pour nous guider dans la création.)

HUITIÈME ÉPISODE – POUR QUI SONNE LE GLAS (DEUXIÈME PARTIE)

(ATTENTION : L’ÉPISODE 7 EST SORTI HIER, L’AVEZ-VOUS LU ?) 

LECTRICE DE NOUVELLES – La mort était au rendez-vous ce soir dans le stationnement d’un hôtel de passe du centre-ville de Montréal. L’incident a eu lieu peu de temps avant 21 h 30. Des policiers ont effectué une descente et des coups de feu ont été tirés. On m’informe que la direction de la force de police de Montréal tient présentement une conférence de presse à un Dunkin’ Donuts pour expliquer ce qui s’est passé. Nous nous y rendons immédiatement.

(À la conférence de presse.)

BIG GUILLAUME – En début de soirée, nous avons reçu un appel confirmant la présence d’un suspect recherché dans l’affaire des putes aux bras cassés à un hôtel du centre-ville que nous ne pouvons nommer pour préserver l’identité des mineurs que nous avons trouvés là-bas en grand nombre dans un party rave au sous-sol.

UN JOURNALISTE – Des jeunes mineurs tenaient un rave à l’hôtel ?

BIG GUILLAUME – Oui, mais nous ne sommes pas là pour parler de ça.

LE MËME JOURNALISTE – Alors, pourquoi l’avoir mentionné ?

BIG GUILLAUME – Je ne sais pas. Allez-vous finir votre beigne ?

LE JOURNALISTE – Non.

BIG GUILLAUME – OK, donnez-le moi et laissez-moi continuer ma conférence de presse.

(Il prend le beigne.)

BIG GUILLAUME – Comme je disais avant d’être si brutalement interrompu, nous avons neutralisé ce soir un vaste complot terroriste orchestré par le Hezbollah libanais contre la population canadienne. Un homme, Imhél Myuras, un dangereux extrémiste à la solde de ce groupe terroriste dénoncé par notre valeureux gouvernement conservateur, avait brisé les bras de nombreuses prostituées à Indianapolis il y a quelques semaines et il avait recommencé son manège ici à Montréal avec l’aide d’un complice occidental, connu seulement sous le nom de J-P, un homme barbu et corpulent. Alors que nous tentions d’arrêter monsieur Myuras, ce terroriste a commis un attentat kamikaze dirigé vers nos troupes, sans faire de victime heureusement.

UN JOURNALISTE – Les premières déclarations des spécialistes à la morgue semblaient indiquer que le suspect est mort de 12 balles dans le dos. Je ne comprends pas trop la thèse de l’attentat suicide…

BIG GUILLAUME – C’est pourtant évident que l’homme s’est fusillé lui-même en espérant emporter des agents dans la mort avec lui.

LE MËME JOURNALISTE – Euh… non, justement, ce n’est pas vraiment évident.

BIG GUILLAUME – Bon… tenez, prenez un beigne et laissez-moi poursuivre, d’accord ? Vous posez trop de questions, vous êtes agaçant.

UN AUTRE JOURNALISTE – Ça sent le cover-up tout ça, en plus de sentir le chocolat ici. Mais qu’est-il arrivé à l’autre suspect, le barbu ? L’avez-vous arrêté ?

BIG GUILLAUME – Nous avons tout fait pour l’attraper vivant; malheureusement, l’homme a foncé sur nous avec sa voiture qui a terminé sa course dans un arbre. Il est mort également; du moins, c’est ce que nous en déduisons, il ne reste qu’un tas de ferraille et des débris brûlés. L’affaire des putes aux bras cassés est réglée. Et, nous ne sommes pas censés le dire, mais demain matin, à l’aube, le Canada lancera une attaque furieuse contre des intérêts du Hezbollah en guise de représailles.

UN JOURNALISTE – Quoi ? Le Canada déclare la guerre au Hezbollah ? Mon Dieu !

BIG GUILLAUME – Non, le gouvernement coupe l’aide sociale aux Libanais d’origine installés au pays.

UN JOURNALISTE – Mais… c’est injuste et horrible. Les Libanais d’ici ne sont pas tous affiliés au Hezbollah !

BIG GUILLAUME – Ils n’avaient qu’à y penser avant. Ce n’est pas notre problème. Bon, la conférence de presse est terminée. Merci de votre attention et bonne nuit.

LECTRICE DE NOUVELLES (qui revient à l’écran) – Dans d’autres nouvelles, une émeute a éclaté ce soir dans la Petite Italie à la suite de la victoire italienne sur l’Allemagne au soccer. Un groupe de partisans trouvaient le premier but plus beau que le deuxième et une vingtaine d’autres fanatiques pensaient le contraire. Le bilan provisoire de l’escarmouche est de 12 blessés, dont trois reposent dans un état critique.

(Frank ferme la télé.)

FRANK – C’est fini. Je tire la plogue. J’en peux plus de tout ça. J’arrête de regarder le soccer, ça me déprime trop.

BREWS – Crisse, Frank, laisse faire le soccer pour deux secondes. T’as pas entendu c’qu’y ont dit ? J-P est mort !

FRANK – Écoute, après tout c’qui arrive de c’temps-là, j’m’en câlisse presque.

BREWS – Comment tu peux dire ça, t’es-t-un esti d’sans cœur. Pis Claudia ? On n’a toujours pas d’nouvelles, ça fait des heures de d’ça !

FRANK – Eille ! R’garde, c’est pas une garderie icitte ! C’est quoi, tu penses ? Que j’vais m’mettre à brailler à chaque fois qu’y arrive une bad luck à quelqu’un d’not’ gang ? On n’est pas dans les scouts.

BREWS – Une bad luck ? C’est d’même que t’appelles ça ? Y est mort, tabarnak ! C’est pas une bad luck, ça !

FRANK – Ouin, j’me dis qu’dans l’fond, y est pt’être ben chanceux. Tin, j’devrais pt’être aller le r’joindre…

(Il sort un revolver du tiroir du bureau et vérifie qu’il contient bien des balles.)

BREWS – Qu’est-ce que tu penses que tu fais là, Frank ? Arrête de déconner. Range ça.

FRANK – Ça t’fait peur ? Brews, j’te croyais un tough. Dans l’fond, t’es juste une tapette. (Il pointe le fusil en direction de Brews pour l’intimider.)

KATHLEEN (qui vient de revenir d’une autre séance de thérapie avec Monsieur McGill) – Eille, qu’est-ce qui se passe icitte ? Frank, range ça, là, là, niaise pas avec ça.

FRANK – Tin, si c’est pas Kathleen. Sers-moi donc un verre, ma belle. J’sens que j’vas en avoir besoin dans deux-trois minutes. T’arrives juste à temps.

KATHLEEN – Frank, j’sais pas c’qui s’passe dans ta tête, mais là, là, c’est pas drôle. Arrête de faire le cave pis donne-moi l’gun. On va discuter.

FRANK – Discuter… ah ! C’est juste ça que l’monde me dit tout l’temps. Ça, ça règlerait tous mes problèmes, ç’a l’air. Discuter ! Comme si de dire à un crisse de psy que j’ai jamais eu d’père, pis qu’toutes les femmes autour de moi ont toujours été des esties d’chiennes depuis que j’t’assez âgé pour comprendre d’s affaires, comme si ça, ça m’aiderait. Kathleen, marche une journée, une seule putain d’journée dans mes souliers pis tu vas comprendre ben des affaires dans ta p’tite tête.

KATHLEEN – Eille, insulte-moi pas, mon écoeurant !

FRANK – Ah, j’t’un écoeurant astheure ? C’est drôle, tantôt, tu voulais m’aider, là, tu m’traites d’écoeurant. T’es pareille comme ma mère. Une aut’ maniaco-dépressive, ç’a l’air qu’on appelle ça des bipolaires de c’temps-là. C’est la nouvelle mode. La modus operandus, comme tu dirais, hein, Brews ? Justement, pis toi, mon Brews, qu’est-ce t’en penses ? J’suis-tu un écoeurant ?

BREWS – Frank, t’as besoin d’aide en esti. Faut qu’tu t’soignes.

FRANK – Va chier, câlisse. Qu’est-ce t’en sais ? Ta tante et ton oncle t’ont violé quand t’avais 12 ans, ciboire. Si y en a un icitte qui a besoin d’aide, c’est ben toi.

BREWS – Au moins, moi, j’le reconnais. Bon, arrête de faire le con, donne-moi l’gun, pis on va prendre une bière ensemble. On va s’calmer un peu.

FRANK – Touche-moi pas, mon esti. T’approches pis j’te tire, mon sale.

KATHLEEN – Bon, là, c’est pu drôle pantoute. Frank, donne-moi l’gun, on va arrêter ça, moi, la roulette suisse, ça m’fait pas tripper.

BREWS – Russe.

KATHLEEN – Russe quoi ?

BREWS – On dit la roulette russe. Pis c’est pas ça pantoute. Là, c’est vers moi qu’y pointe le gun. La roulette russe, c’est vers lui qu’y doit pointer. Pis y doit y avoir juste une balle dans l’gun.

KATHLEEN – Méchant jeu stupide. Pis y a ben trop d’règlements. C’est supposé être le fun ?

FRANK – Eille, avez-vous fini vot’ p’tite discussion niaiseuse ? J’en peux pus d’vous écouter, moi là.

BREWS – Bon, Frank, là, tu vas t’calmer pour vrai, donne-moi ça tout suite. Ça va faire, le fuckaillage.

(Brews s’avance rapidement vers Frank. Le coup de fusil part tout seul. Brews s’effondre par terre. Kathleen est sous le choc. L’épisode se termine sous l’air de For Whom the Bell Tolls, de Metallica. Frank s’asseoit par terre, accoté sur un mur et voit défiler les trop nombreux moments difficiles de sa vie, les yeux en larmes, à bout de nerfs. On entend des sirènes au loin. Kathleen pleure dans un coin et Brews demeure allongé, dans son sang.)

Tout le monde en bave – Épisode 7 16 juillet 2007

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tlmeb.jpg(ATTENTION : Ceci est ma nouvelle histoire de fiction. Toute ressemblance avec des personnes réelles est tout à fait fortuite… Le sujet est délicat. Si vous avez peur de vous reconnaître dans certains personnages controversés, ce n’est pas pour vous. Bref, si ça vous insulte de vous trouver des ressemblances avec des proxénètes, des vendeurs de drogue, des policiers et des travailleurs de prison véreux, des drogués sans espoir, des désespérés, des prostituées et leurs clients, NE LISEZ PAS. Sinon, amusez-vous bien à découvrir cet univers où tout le monde il est croche, tout le monde il est sale. Toutes ces conneries sortent tout droit de mon cerveau et de celui de Serge, nous n’avons fait aucun test sur les humains ou les animaux pour produire cette ”oeuvre”. S’il y a des invraisemblances, ce n’est pas de notre faute, Mindy n’était pas disponible pour nous guider dans la création.)

SEPTIÈME ÉPISODE – POUR QUI SONNE LE GLAS (PREMIÈRE PARTIE)

LECTRICE DE NOUVELLES – Une prostituée de rue d’origine ukrainienne, Nadia Vaklova, a été retrouvée évanouie sur la rue Ontario ce matin. Un individu d’origine proche orientale lui aurait sauvagement brisé le bras. La police n’a aucun indice si ce n’est que l’homme portait un chandail de l’équipe nationale italienne de soccer. Dans d’autres nouvelles, l’Italie a défait l’Ukraine 3 à 0 hier.

(Frank ferme la télévision.)

FRANK – Crisse qu’y sont poches, les Ukrainiens. Trois à zéro, prendre trois buts contre une équipe qui joue le 0-0 tout le temps, faut le faire.

BREWS – Ouin, moi, c’est plus la nouvelle avant qui m’inquiète.

FRANK – Quelle nouvelle ? L’affaire sur la grosse toutoune qui est restée prise dans un ascenseur et qu’ils ont dû sortir avec un hélicoptère de l’armée ?

BREWS – Ben non, calvaire, pas ça ! J’m’en sacre-tu d’la grosse, ciboire. J’voulais parler d’la pute qu’y ont trouvée avec le bras cassé. T’as pas peur qu’y ait un maniaque en ville ? Tsé, ça ressemble ben gros au modus operanda du « Arm Breaker », ça…

FRANK – Le modus quoi ?

BREWS – Operanda. J’ai lu ça l’aut’ jour, me souviens plus trop où. Ça veut dire la mode qu’y opère. Comment c’que l’gars fait ses mauvais coups, finalement.

FRANK – C’est d’l’espagnol ?

BREWS – J’trouve que ça ressemble plus à du portugais. Ils ont ben des mots qui finissent en –us en portugais, y m’ semble.

FRANK – Ça s’peut. Mais j’pensais qu’anus et plexus, c’était grec. Ça pourrait ben être portugais aussi, I guess, leurs femmes ont des moustaches des fois, fait que… va falloir que j’demande si jamais on engage une Portugaise à m’ment donné.

BREWS – Ouais, bonne idée, une fois rasée, on pourra la surnommer Paela.

FRANK – Ça pogne, la bouffe arabe de c’temps-là. Bonne idée de surnom, Brews.

(Quelques jours plus tard, Frank et Brews regardent l’Italie jouer au soccer contre l’Allemagne à la télé pendant qu’ils se préparent pour une autre dure soirée de gestion de l’agence.)

FRANK – Shoote, tabarnak ! Crisse, man, y en a-tu qui savent viser su’ c’te maudite équipe ? Y vont encore gagner, les mafioso !

BREWS – Bâtard, l’arbitre est plein d’marde, ça fait au moins trois penalties qu’y devrait siffler pour les Allemands.

CLAUDIA – Hu-hum…

FRANK – Qu’est-ce qu’y a, Claudia ? Tu vois pas qu’on est occupés ? Y reste deux minutes pis c’est 2-0 Italie, sacrement ! J’suis pas ben ben d’bonne humeur.

CLAUDIA – Ben, tu risques d’être encore plus en crisse dans deux minutes…

FRANK – Comment ça ? Qu’est-ce qu’il y a encore ? Tu veux pus avaler ? Tu veux que j’écrive sur le site que l’anal, ça marche pus ? C’est quoi, le problème ?

CLAUDIA – Ben…

FRANK – Envoye, parle. De quoi t’as peur ? Tu peux m’parler. J’vais t’écouter.

CLAUDIA – L’escorte, moi, je veux plus faire ça. J’arrête, Frank. C’est pas vrai qu’un malade va s’attaquer à moi. Y est plus question que je travaille icitte.

FRANK – Ah come on, Claudia, tu peux pas nous faire ça. T’es la plus grosse de l’agence, le monde appelle tout le temps pour toi. Crisse, t’es not’ ch’val de bataille, ma belle, not’ vache à lait. Sans toi, qu’est-ce qu’on f’rait ? J’veux pas perdre la Wayne Gretzky d’la prostitution. Tu l’sais qu’tu scores  plus vite que ton ombre. T’es une force de la nature, t’es comme Mick Jagger.

CLAUDIA – J’suis pas sûre que j’comprends tout c’que tu m’dis, mais t’es ben fin, pareil, Frank. Ça fait longtemps qu’un gars m’avait pas dit des beaux compliments d’même. Me comparer à Wayne Gretzky, c’est gentil.

FRANK – Bon, tu vois qu’t’es capable quand tu veux. À quelle heure que j’peux commencer à t’booker à soir ?

CLAUDIA – Non, Frank, j’arrête pareil. C’est pas tes belles paroles qui vont m’faire changer d’idée. J’ai peur, tu comprends, y a un malade qui brise les bras des filles.

FRANK – T’es gauchère ou droitière ?

CLAUDIA – Droitière, mais c’est quoi l’rapport ?

FRANK – Ben, tant que l’gars brise seulement ton bras gauche, tu vas quand même pouvoir donner des hand jobs, alors arrête de t’plaindre.

(Brews éclate de rire à côté.)

CLAUDIA – Les gars, vous êtes pas drôles. J’ai pas envie de m’faire péter l’bras par un esti d’fou.

FRANK – R’garde, on va envoyer J-P avec toi. J’sais qu’y reste caché chez eux de c’temps-là parce que la police pense que c’est lui le malade – crisse qu’y sont caves, y cherchent un gars à son profil depuis 10 jours déjà, y pensent qu’y travaille en équipe avec l’Arabe. Juste pour toi, ma Claudia, J-P y va y aller t’protéger quand tu vas aller faire tes clients. Tu vas voir, ça va bien aller.

(Le téléphone sonne à ce moment.)

FRANK – Devil’s Daughters, this is Frank, who can you do for us?

IMHÉL MYURAS – Bonsoir, avez-vous une fille d’origine allemande dans votre gang ?

FRANK – Euh… eille, Claudia, t’as des origines allemandes, toi, non ?

CLAUDIA – Oui, pourquoi ?

FRANK – Pour rien. Oui, Monsieur, j’ai une Allemande. Ça vous tente ? Je l’envoie où ?

(Imhél Myuras donne les coordonnées de son hôtel. Trente minutes plus tard, Claudia se pointe à sa chambre. J-P attend, caché derrière une plante dans le couloir – il est recherché par la police, alors il reste prudent.)

IMHÉL – Salut, c’est toi, l’Allemande ?

CLAUDIA – Oui, ben, c’est Claudia mon nom. Et toi, c’est Imhél ?

IMHÉL – C’est ça.

CLAUDIA – En passant, t’es chanceux. D’habitude, j’couche pas avec les Arabes, mais là, j’ai accepté parce que t’as dit à mon boss que t’avais pas l’air de ben Laden. Fais qu’c’est correct.

IMHÉL – Merci, je sais qu’j’parais ben.

CLAUDIA – C’est pas ça qu’j’ai dit. J’ai dit que…

IMHÉL – Anyway… pas grave, envoye, toute nue, l’Allemande. J’suis prêt.

CLAUDIA – Ouais, pressé, l’ti-gars. T’es-tu tout l’temps d’même ? Ça risque d’aller vite not’affaire.

IMHÉL – Ben, tsé, à mon âge, on est pas mal vites su’ nos patins. Moi, la baise, j’connais ça.

CLAUDIA – Ouin… pas sûr. J’pense que t’as encore des croûtes à manger, l’jeune.

IMHÉL – Hé hé, come on, l’Allemande, qu’est-ce que tu connais à la baise ?

CLAUDIA – Euh… ben, veux-tu vraiment que j’réponde à ça ?

IMHÉL – (mal  à l’aise tout d’un coup) Ben… là, franchement, comment j’pouvais d’viner, crisse ?

CLAUDIA – Pensais-tu qu’j’tais vierge, coudonc ? J’réussis à peine à m’rappeler que j’l’ai déjà été. (Elle éclate de rire)

IMHÉL – Bon, t’as-tu fini de rire de moi, l’Allemande ?

CLAUDIA – Susceptible en plus, le p’tit gars…

IMHÉL – J’suis pas p’tit, r’garde, la preuve (il lui montre son  pénis).

CLAUDIA – (Incapable de retenir un fou rire) C’est avec ça qu’tu veux m’impressionner ? Eille, t’as l’air d’oublier qu’j’en vois d’tous les genres, mon pit’ !

IMHÉL – Bon, là, ça va faire, l’Allemande !

(Le jeune homme prend Claudia par les cheveux et se met à la baiser sauvagement en criant.)

IMHÉL – FORZA ITALIA ! FORZA AZZURRI !

CLAUDIA – Quoi ? Oh merde !

(Au moment où le jeune homme se met à crier, Claudia se rappelle la description de la brute qui avait brisé le bras de la prostituée ukrainienne : un homme d’origine proche orientale partisan de l’équipe italienne de soccer…)

CLAUDIA – Crisse ! C’est toi !

IMHÉL – Tu ris plus, hein, p’tite conne allemande ? Fais-toi-z-en pas, ça fera pas mal.

(Il la prend par le bras.)

CLAUDIA – Lâche-moi, maudit malade. AU SECOURS ! J-PPPPPPP !!!!!

(Claudia donne un coup de poing de sa main gauche au visage d’Imhél et tente de se départir de son emprise. J-P surgit du couloir et fonce vers Imhél, qui se sauve par la fenêtre en courant. Des voitures de police ont encerclé l’hôtel à la suite d’un appel anonyme d’un client qui avait vu J-P caché derrière la plante et qui avait reconnu l’homme recherché par la police.)

BIG GUILLAUME (en criant dans un mégaphone) – Rendez-vous, « Arm Breaker », vous êtes cerné.

LA MÈCHE – Il est peut-être américain, tu devrais l’interpeller en anglais.

BIG GUILLAUME – Ouais, t’as sans doute raison. Render yourself, Arm Breaker, you are cerned! We have entoured the hotel.

(C’est à ce moment que les policiers voient Imhél sortir d’un tas de buissons en courant.)

BIG GUILLAUME – Vite, tirez dessus ! Il va s’échapper ! You, stop coursing!

LA MÈCHE – Mais… il ne correspond pas du tout au portrait robot. Ça disait un homme blanc corpulent barbu.

BIG GUILLAUME – Merde, vous êtes con ou quoi ? Un Arabe qui se sauve en courant d’un hôtel louche, c’est évident que c’est un terroriste ! Et puis, rappelez-vous qu’il y a un deuxième gars qui a cassé des bras et celui-là, c’était un Arabe.

(Sans plus hésiter, les policiers tirent en direction d’Imhél qui lance ses sous-vêtements blancs dans les airs en signe de soumission.)

BIG GUILLAUME – Tirez ! Tirez ! Il essaie de nous lancer des armes de destruction massive, le pourri !

(Une balle atteint Imhél qui s’écroule par terre. Le silence se fait entendre – hé oui, ça se peut. Big Guillaume s’approche du jeune homme pour vérifier s’il est bien mort.)

(LA SUITE AU PROCHAIN ÉPISODE)

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